samedi 8 octobre 2022

28e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

Lectures

2 Rois 5,14-17

Ps 97 (98)

2 Timothée 2,8-13

Luc 17,11-19

 

Méditation

Montrer de l’appréciation et de la gratitude même pour de petites choses est la marque d’une âme noble, tandis que l’ingratitude peut être considérée comme une lèpre dangereuse pour une âme chrétienne. En effet, dire « Merci » peut sembler parfois trop simple et non nécessaire, mais il est de bon sens d’être reconnaissant même pour les petites choses. Esther Johnson a écrit : « Une âme pleine de gratitude est comme une rivière pleine d’eau qui ne tarit jamais ». Ainsi, les lectures d’aujourd'hui nous invitent à cultiver le sens de la gratitude. Naaman le Syrien dans la première lecture et le Samaritain dans l’Évangile rendent grâce respectivement à Élisée et à Jésus pour avoir été guéris de leur lèpre; et l’apôtre Paul nous rappelle la reconnaissance due à Dieu pour les bienfaits de la rédemption que nous avons reçus en Jésus-Christ.

 

Comme on peut le constater, les actes de gratitude de Naaman et du Samaritain ne sont pas de simples gestes de politesse, mais l’expression d’une vraie foi. Par conséquent, trois leçons peuvent être tirées des lectures d’aujourd'hui.

 

Premièrement, nous devons rendre grâce à Dieu toujours, partout et pour tout. Car sa fidélité et sa bonté envers nous sont infinies. Et le moyen privilégié pour le faire est l’Eucharistie, du grec eukaristia (action de grâce). Deuxièmement, apprenons à montrer de la gratitude et de l’appréciation les uns envers les autres, même dans les petites choses. Enfin, nous ne devrions pas être bouleversés ou déçus lorsque nous ne recevons pas d’appréciation ou de gratitude des autres pour un bien fait. Le commentaire de Jésus sur le retour du Samaritain montre qu’il ne se souciait pas de l’honneur et l’appréciation qu’il aurait reçu pour ce qu’il avait fait pour les dix lépreux, mais plutôt de l’échec des neuf autres lépreux qui n’étaient pas revenus pour rendre gloire à Dieu.

 

Comme ces neuf lépreux, nous manquons souvent de reconnaissance envers Dieu pour les bonnes choses qu’il nous a données. Mais rappelons-nous toujours de l’exhortation de saint Paul : « En toute circonstance, rendez grâce, car c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus » (1Thes. 5, 18). Comme la Vierge Marie dans le Magnificat ou Saint François d’Assise dans son Cantique des Créatures (ou Cantique du Frère Soleil)apprenons à louer le nom de Dieu toujours et partout, à lui dire merci pour tout. Qu’il nous bénisse et nous enseigne comment être reconnaissants à chaque instant de notre vie. Amen

samedi 1 octobre 2022

27eme DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C



Lectures

Habacuc 1,2-3 ;2,2-4

2 Timothée 1,6-8.13-14

Luc 17,5-10

 

Méditation

L’expérience de la souffrance et du mal dans nos vies et dans le monde est une grande épreuve à notre foi en Dieu. Parfois, Dieu semble silencieux et loin de nous. Nous pensons qu’il ne se soucie pas de nous. Dans de telles situations, nous devenons impuissants et désespérés ; nous nous indignons contre lui parce qu’il ne répond pas à notre prière comme nous l’aurions voulu. Ainsi, l’expérience du prophète Habacuc dans la première lecture ne nous est pas étrangère. Il interroge Dieu pour son silence apparent face au déchaînement de la violence, au mal, à la destruction, aux injustices, à l’insécurité, à la misère et aux conflits en Israël. Pourquoi n'intervient-il pas quand son peuple est sous le joug de Babylone (les Caldéens) ? Mais Dieu lui assure que sa promesse sera accomplie et ne décevra pas. Même si elle paraît tarder, il faut être patients et attendre son accomplissement. Et ceci nécessite la foi. 

 

Il n’est donc pas étonnant que, dans l’évangile, les disciples de Jésus lui aient demandé : « Seigneur, augmente en nous la foi ». Jésus leur répond qu’avec peu de foi, nous pouvons faire ce qui semble impossible. Comme l’implique la parabole du serviteur obéissant et consciencieux, la foi signifie faire la volonté du maître, c’est-à-dire obéir à la volonté de Dieu. Parfois, cela demande de faire des sacrifices pénibles, en particulier lorsque la volonté de Dieu semble ne pas correspondre à notre désir ou à nos plans.

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul encourage Timothée à rester fidèle et ferme malgré les difficultés relatives à son ministère pastoral. Il est à noter que saint Paul avait écrit cette lettre alors qu'il était en prison. C'est pourquoi son exemple mérite d'être imité. Il était en prison, mais il continuait à exercer son ministère et à penser au bien des autres. Malgré les difficultés et les afflictions liées à l’annonce de l’Evangile, il n'avait pas perdu la foi. Souvenons-nous donc que nous servons un Dieu vivant et fidèle. Il n'abandonnera ni ne décevra ceux qui lui font confiance. Il a promis et il l’accomplira. Puisse-t-il augmenter notre foi de manière à rester fermes et à avancer dans notre marche de foi malgré tout. Amen

samedi 24 septembre 2022

26e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C



Lectures

Amos 6,1.4-7

Ps 145

1Timothé 6,11-16

Luc 16,19-31

 

Méditation

Les lectures d’aujourd’hui reprennent les thèmes du dimanche dernier, à savoir la richesse, l’injustice sociale et l’option préférentielle pour les pauvres. La première lecture et l’Evangile nous mettent en garde contre la culture de l’indifférence qui se nourrit de l’individualisme, du luxe et du gaspillage. Elles nous invitent à être plus sensibles aux misères et aux souffrances des autres. Car l’amour de l’argent et des biens matériels nous rend aveugles et égoïstes, fermant notre cœur aux autres et à Dieu. Saint Paul nous exhorte à une belle profession de foi, vécue dans la justice, la dévotion, l’amour, la patience et la douceur.

 

En effet, la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare illustre le contraste entre les deux couches sociales qui caractérisent la société humaine à travers les âges. Dans un côté se trouvent ceux qui possèdent plus qu’ils en ont besoin : les bourgeois, les riches, les personnes influentes ; ceux que le prophète Amos appelle « la bande des vautrés ». Dans l’autre côté se trouvent les « avoir-rien » (les démunis) : les pauvres, les marginalisés, les vulnérables, les nécessiteux, etc. Il y a un « grand abîme » entre les riches et les pauvres.

 

Par ailleurs, nous remarquons dans la parabole un renversement des situations après la mort. Lazare est « porté » par les anges et « réconforté » auprès d’Abraham ; le riche est enterré et tourmenté dans l’au-delà. Cependant, cela ne signifie pas que tous les pauvres iront automatiquement au paradis tandis que tous les riches sont automatiquement voués à la damnation éternelle. Le riche dans la parabole ne souffre pas parce qu’il était riche, mais parce qu’il était indifférent à la misère du pauvre Lazare. 

 

Aussi, est-il à noter que l’homme riche est sans nom, mais le pauvre est nommé « Lazare », ce qui signifie « Dieu aide ». Cet homme riche représente donc chacun de nous, quand nous devenons aveugles à la misère des autres ou sourds aux cris des nécessiteux. Mais Dieu n’abandonne pas les pauvres et les opprimés ; il prend soin d’eux. Ainsi, cette parabole nous invite à un modèle de vie caractérisée par l’ouverture envers les autres, la charité, le partage et la solidarité avec les pauvres et les nécessiteux. Rappelons-nous de ces paroles de Jésus-Christ : « En vérité, je vous le déclare : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Amen 

vendredi 16 septembre 2022

25e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

Lectures

Amos 8,4-7

Psaume 112 (113)

1 Timothée 2,1-8

Luc 16,1-13

 

Méditation

Les lectures d’aujourd’hui nous parlent du monde matériel dans lequel nous vivons. De la prédication du prophète Amos contre l’injustice sociale, nous passons par l’exhortation de St Paul de prier pour ceux qui exercent l’autorité jusqu’à l’appel de Jésus à faire bon usage des biens matériels. En effet, pour mieux apprécier la parabole du gérant avisé, je vous propose quelques points de méditation.

 

D’abord, on est souvent étonné des éloges que reçoit le gérant malhonnête. Cependant, le maître loue son intendant, non pas pour sa mauvaise gestion, mais pour sa prudence. De même, Jésus invite ses disciples à se faire des amis avec l’argent maudit, pas pour louer la malhonnêteté de ce gérant mais son habileté à gérer les biens matériels. Son habileté réside dans sa capacité d’utiliser sa position de gérant pour se faire des amis : face à un licenciement inévitable, il annule d’importantes dettes pour gagner la sympathie et l’amitié des débiteurs de son maître. Il est malin, démontrant qu’il considère l’argent comme un moyen et non comme une fin en soi. Et c’est la juste attitude à adopter vis-à-vis de l’argent et des biens matériels. 

 

Ensuite, Jésus décrit la richesse comme « malhonnête » à cause de la façon dont elle sème des valeurs déformées dans les personnes. En fait, la poursuite excessive de l’argent peut rendre les gens égoïstes, les amenant à se servir des autres, à traiter les personnes comme des objets. La richesse devient une idole. Cette parabole nous invite donc à être responsable dans la gestion de ressources matérielles. L’argent et les biens matériels ne nous accompagneront pas au ciel. Ainsi, il faut reconnaître leurs limites et les utiliser au service des autres. 

Enfin, une gestion responsable de l’argent et des biens matériels nous rapprochera des pauvres, des démunis et des marginalisés de nos communautés. C’est ce que la Doctrine Sociale de l’Église Catholique appelle « l’option préférentielle des pauvres ». Malheureusement, comme à l’époque du prophète Amos, les pauvres sont plutôt exploités et opprimés au lieu d’être pris en charge. Certains dirigeants même religieux se servent de leurs peuples pour atteindre leurs ambitions égoïstes. D’où la mauvaise gestion, le détournement de fonds, la corruption généralisée et les fraudes fiscales qui caractérisent nos institutions. 

 

Ainsi, chacun de nous est appelé à changer d’attitude vis-à-vis de l’argent et de la richesse, à prier pour nos dirigeants afin qu’ils promeuvent la justice sociale, condition indispensable pour la paix dans notre société. Que le Seigneur nous bénisse et nous garde. Amen

samedi 10 septembre 2022

24e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

Lectures

Exode 32,7-11.13-14

1 Timothée 1,12-17 

Luc 15,1-33 

 

Méditation

Les lectures d’aujourd’hui nous invitent à méditer sur la miséricorde de Dieu. Nous servons un Dieu plein d'amour, de miséricorde et de compassion, lent à la colère et toujours prêt à pardonner nos transgressions. Dans la première lecture, Dieu renonça à sa colère suite à la supplication de Moïse en faveur des fils d'Israël. Car ils avaient transgressé le premier commandement du Seigneur leur Dieu en faisant un veau d'or et en se prosternant devant lui.

 

Saint Paul, dans la deuxième lecture, exprime sa joie et sa gratitude au Seigneur pour sa merveilleuse miséricorde et sa grâce inépuisable. Il se reconnaît comme un pécheur pardonné, un ancien persécuteur de l'Église qui avait tenté de discréditer la foi chrétienne. Mais Dieu a été patient et miséricordieux envers lui, faisant de lui un ministre de l'Évangile. 

 

Le quinzième chapitre de l'Évangile selon Saint Luc peut être appelé « l'évangile des perdus ». Il présente trois paraboles de Jésus en réponse aux pharisiens et aux scribes qui l'accusaient de faire bon accueil aux pécheurs et aux collecteurs d'impôts : la parabole de la brebis perdue, la parabole de la pièce perdue et la parabole du fils perdu (ou du fils prodigue). Elles donnent différentes images de Dieu, mais leur message est le même : Dieu est un Père qui peut tout faire pour ramener le pécheur à une relation d'amour avec lui-même. Il aime tout le monde et souhaite que tous ses enfants restent à la maison. C'est pourquoi il va à la recherche des perdus, les ramène à la maison et célèbre leur retour. 

 

Par conséquent, nous pouvons être sûrs de ceci : peu importe la gravité de nos péchés, Dieu nous aime toujours. En dépit de notre histoire souvent marquée par le péché et les égarements, Dieu nous fait confiance. Son amour et sa compassion sont immuables ; et sa miséricorde est plus grande que nos péchés. Néanmoins, nous ne pouvons pas considérer son pardon et sa miséricorde comme un « laisser-aller ». Nous devons toujours nous efforcer d'éviter toute occasion de péché afin de ne pas nous égarer et de nous perdre, mais de rester toujours à la maison avec lui. Qu'il nous accorde la grâce de reconnaître nos fautes et de nous repentir à chaque chute. Amen

samedi 27 août 2022

22e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNEE C

Lectures

Siracide 3,17-18.20.28-29

Psaume 68

Hébreux 12,18-19.22-24

Luc 14,1.7-14

 

Méditation

Parler de l'humilité à la lumière des lectures d'aujourd'hui peut paraître étrange dans notre monde contemporain pour au moins deux raisons. D’abord, nous vivons dans une société qui célèbre les titres, le prestige social et le pouvoir. Tout le monde veut être à la première place et se sentir important. Ensuite, chaque fois que nous organisons une réception ou un dîner spécial, nous invitons les personnalités « importantes », celles qui peuvent laisser une « enveloppe » ou un cadeau. Nous réservons des places pour les invités distingués, les dignitaires, les célébrités, etc., et choisissons méticuleusement ceux qui seront à la « table d’honneur ».

 

Cependant, dans l'Évangile, Jésus renverse cette procédure et nous lance deux défis. Premièrement, lorsque vous êtes invités à des noces ou à une fête, prenez les dernières places, dit-il aux Pharisiens qui choisissaient les places d’honneur au cours du repas. Deuxièmement, lorsque vous organisez une fête, invitez ceux qui ne peuvent absolument rien faire pour vous rembourser ou pour vous aider à avoir une promotion professionnelle ou sociale : les marginalisés, les exclus et les intouchables de nos communautés.

 

Ces étiquettes sociales et protocolaires de Jésus peuvent être socialement difficiles à observer. Mais telle est l’exigence du royaume de Dieu inauguré par Jésus, le Médiateur d'une alliance nouvelle. Lui-même est le modèle de l’humilité et de la gratuité. Il s'est humilié en prenant la condition d'un serviteur afin de nous rassembler devant Dieu et de nous rendre concitoyens de la Jérusalem céleste avec les anges et les saints. Dans cette Cité de Dieu, nous sommes tous des premiers-nés, donc égaux aux yeux de Dieu.

 

Ainsi, la première lecture aussi nous invite à être humbles et modestes dans toutes nos conduites. Ben Sirach le Sage nous met en garde contre l'orgueil et l'autoglorification. En d'autres termes, si nous sommes humbles, nous trouverons grâce devant Dieu; les autres nous aimeront. Ainsi, « plus tu es grand, plus il faut t’abaisser », nous dit-il. Car en réalité, tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons vient de Dieu. D’ailleurs, Saint Paul dit : « Qui te confère la distinction ? Qu'as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifier, comme si tu ne l'avais pas reçu ? » (1 Cor 4,7) Ainsi, sois humble et Dieu t’élèvera. Amen

 

vendredi 19 août 2022

21e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

Lectures

Isaïe 66, 18-21

Ps 117 

Hébreux 12, 5-7.11-13

Luc 13, 22-30 

 

Méditation

Le salut est un don gratuit de Dieu qui veut que tous les peuples soient sauvés. Il n’exclut personne. Voilà pourquoi, selon la prophétie d’Isaïe qui semblerait étrange aux juifs de son temps, Dieu viendra rassembler toutes les nations et elles contempleront sa gloire. Il choisira même parmi les païens les prêtres et les Lévites. Le salut de Dieu ne se limitera pas seulement aux juifs qui se prévalaient de leur qualité d’enfants d’Abraham, croyant par là avoir le droit au royaume de Dieu.

 

Voilà pourquoi Jésus ne répond pas par un oui ou un non à la question qui lui est posée dans l’Évangile : « Seigneur, seul un petit nombre de personnes sera-t-il sauvé ? ». Cette question n’a pas d’importanceCar ce qui importe n’est pas de connaître le nombre des sauvés, mais que chacun s’efforce de faire partie du nombre des sauvés. Ainsi, Jésus dit à la foule : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; car je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer mais n’y parviendront pas. » Pour illustrer cet enseignement, il donne la parabole du banquet auquel participeront des gens des quatre coins du monde ; mais certains seront exclus.   

 

Ainsi, la porte pour participer au banquet est ouverte pour tout le monde mais elle est étroite. Pour y entrer il faut faire des efforts, il faut lutter. L’adjectif « étroite » évoque donc les renoncements à faire pour franchir cette porte : orgueil, méchanceté, injustice, mensonge, mauvaises habitudes, etc. Il évoque aussi pour nous les difficultés, les efforts quotidiens, les souffrances que nous devons endurer sur le chemin qui mène au salut. C’est pourquoi la deuxième lecture est très importante pour nous. Elle nous invite à endurer les épreuves et les difficultés comme une preuve de l’amour de Dieu. 

 

Bref, pour prendre part au banquet de l’Agneau, il faudrait passer par la porte étroite qui est Jésus-Christ lui-même ; il faut marcher à la suite du Christ. Et suivre le Christ signifie prendre sa croix de chaque jour et marcher sur le chemin de la justice et de la vérité. Peu importe les privilèges religieux que nous aurions reçus en tant que chrétiens. Ce qui importe c’est de mettre en pratique la Parole de Dieu, aimer inconditionnellement, et marcher à la suite du Christ avec foi et persévérance. Que Dieu nous y aide. Amen