samedi 31 décembre 2022

SOLENNITÉ DE LA VIERGE MARIE, MÈRE DE DIEU


 Lectures

Nombres 6,22-27

Psaume 66 (67)

Galates 4,4-7
Luc 2,16-21

Méditation

En ce début de l’année, l’Église nous invite à célébrer la Vierge Marie, Mère de Dieu, et la Journée Mondiale de la Paix. La péricope évangélique de ce jour nous ramène à Bethléem, où Jésus était né. Né de Marie, ce petit Enfant est le Fils de Dieu, le Sauveur du monde. Marie est donc la Mère de Dieu. Mais elle est aussi notre Mère dans lordre de la grâce, car par le baptême, nous sommes devenus fils de Dieu et cohéritiers du Christ Jésus.

 

Par ailleurs, il est intéressant de noter que la liturgie de la Parole s’ouvre en parlant de la bénédiction. Or « bénir », c’est « dire du bien ». Ainsi, la bénédiction liturgique du peuple d’Israël consistait à invoquer le « NOM » de Dieu sur le peuple et comportait trois choses : la protection, la grâce, et la paix.

 

Chers lecteurs et lectrices de « LA SEMENCE », j’aimerais donc formuler mes meilleurs vœux au tour de quatre mots : vie, protection, grâce et paix. Je vous souhaite une vie pleine de joie et de fécondité. Que le Seigneur vous garde de tout malheur et vous protège ; qu’il vous donne l’assurance de sa présence surtout au milieu de vos doutes, difficultés, tribulations et épreuves.

 

Qu’il vous accorde les grâces dont vous avez besoin et vous aide à accepter tous les évènements qui vont marquer votre vie en cette année 2023 comme une grâce. Car tout est grâce ! Et qu’il vous donne sa paix. Oui, la paix (shàlôm), ce mot qui, au sens biblique, n’est pas simplement absence de guerre mais exprime intégrité, santé, sérénité, prospérité matérielle et spirituelle, et une bonne relation avec Dieu, avec autrui et avec la nature.

 

Pour finir, daigne la Vierge Marie, Mère de Dieu et Reine de la Paix, nous accompagner tout au long de cette année qui s’ouvre devant nous avec tout ce qu’elle renferme de mystérieux, d’incertain mais aussi de promesse et d’espérance. Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse; et qu’il donne la paix à notre monde! Amen

 

Prions aussi pour le repos éternel du Pape Benoît XVI que le Seigneur a rappelé à lui en ce jour qui clôture l’année 2022.

 

Bonne et Heureuse Année 2020

 

samedi 24 décembre 2022

NATIVITÉ DU SEIGNEUR : MESSE DU JOUR


Lectures

 

Isaïe 52,7-10

Psaume 97 (98)

Hébreux 1,1-6

Jean 1,1-18

 

Méditation

 

Aujourd’hui, nous célébrons le mystère de l’Incarnation : Dieu est devenu Homme. Le Verbe Éternel de Dieu s’est fait chair et il a habité parmi nous. Dieu est devenu l’un de nous afin que, par la foi, nous devenions ses enfants. De sa plénitude, nous avons reçu grâce sur grâce (Jean 1, 1-18). Noël est donc un jour d’émerveillement et de joie

 

C’est un jour d’émerveillement parce que dans ce petit Enfant couché dans la mangeoire à Bethléem, nous contemplons Dieu. Cet Enfant est le Rayonnement de la gloire de Dieu. Le Dieu invisible est devenu visible. L’homme peut désormais toucher Dieu, entendre Dieu pleurer. Le Dieu Créateur et Tout-Puissant se fait nécessiteux de la tendresse d’une mère et de la présence d’un père. Dans ce petit Enfant, Dieu révèle et communique son amour, sa proximité et sa miséricorde à l’humanité (Hébreux 1, 1-6). Dieu vient partager notre condition humaine, nos douleurs et nos joies, nos misères et nos espoirs. Dans ce Nouveau-né, Dieu vient vivre avec nous, nous consoler, être notre ami et cheminer avec nous.

 

Fêter Noël n’est donc pas célébrer un anniversaire de naissance de Jésus où nous ajouterions un an à son âge chaque fois que nous le célébrons ; autrement Jésus deviendrait trop vieux. Célébrer Noël, c’est plutôt célébrer l’Amour infini de Dieu manifesté en Son Fils Jésus-Christ en l’accueillant avec foi et gratitude. C’est une Bonne Nouvelle qui nous invite à l’espérance et à la confiance, car dans notre nuit de nos doutes, souffrances et inquiétudes, la Lumière du Christ Sauveur vient resplendir sur nous. Voilà pourquoi Noël est aussi un jour d’allégresse.

 

En définitive, la naissance de Jésus Christ est la Bonne Nouvelle annoncée à notre monde de paix fragile et de promesses non tenues. Et nous sommes appelés à être porteurs de cette Bonne Nouvelle : « Qu’ils sont beaux sur la montagne, les pieds du messager, celui qui annonce la paix, qui apporte la bonne nouvelle, apporte le bonheur, annonce le salut… » (Is. 52,7-10). En ce jour de Noël, renouvelons notre foi et notre adhésion à Jésus-Sauveur. Accueillons-le et laissons-le illuminer nos vies. Partageons sa joie au tour de nous. 

 

Que la naissance de l’Emmanuel transforme nos vies et nous apporte la paix, la joie et la plénitude de la vie. Amen.

 

Joyeux Noël !!!

 

 

samedi 17 décembre 2022

4e DIMANCHE DE L’AVENT, ANNÉE A

Lectures

Isaïe 7,10-14

Ps 23 (24)

Romains 1,1-7

Matthieu 1,18-24

 

Méditation

Dans quelques jours, nous célébrerons Noël, la commémoration de la naissance de Jésus-Christ. En effet, les lectures d’aujourd’hui présentent la naissance de Jésus comme l’accomplissement des promesses de Dieu. En effet, saint Matthieu voit dans la naissance du Christ la réalisation du signe de l’Emmanuel annoncé au roi Achaz par le prophète Isaïe (Is. 7, 10-14). Car dans l’annonce faite par l’Ange à Joseph, nous voyons comment s’accomplit le projet de Dieu. C’est Dieu qui a pris l’initiative. Cette initiative est exceptionnelle et mystérieuse : la Vierge Marie a conçu un fils par l’Esprit Saint ; et ce fils s’appellera Emmanuel, Dieu-est-avec-nous. On lui donnera le nom de Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés (Matt.1,18-24).

 

Par ailleurs, les lectures montrent clairement que le Fils de Marie n’est pas le fils de Joseph mais le Fils de Dieu. Néanmoins, le rôle de Joseph est très important dans l’accomplissement du plan de salut de Dieu. Par son obéissance inconditionnelle à la volonté de Dieu, il a coopéré dans la discrétion, le silence et la foi à la réalisation du projet salvifique de Dieu.

 

Par son « Oui », Joseph, un descendant de David, devient le père adoptif de Jésus le Messie. Nous comprenons donc Saint Paul quand il affirme qu’il prêche l’Évangile concernant notre Seigneur Jésus-Christ, qui est né de la descendance de David selon la chair et établi comme Fils de Dieu avec puissance selon le Saint-Esprit. 

 

Ainsi, le plan salvifique de Dieu se réalise grâce au « Oui » de Marie et de Joseph. Comme eux, nous pouvons avoir nos propres projets et plans. Mais nous devons savoir que Dieu a un projet plus grand, un plan d’amour, pour nos vies. Nous devons donc abandonner parfois nos propres plans même si cela semble injuste et déraisonnable, car une foi obéissante ne déçoit jamais. Alors que nous nous préparons à accueillir l’Enfant Jésus, demandons-lui la grâce, afin que nos cœurs et nos maisons deviennent sa demeure. Daigne l’Emmanuel rester toujours avec nous jusqu’à la fin des temps. Amen

samedi 10 décembre 2022

3e DIMANCHE DE L'AVENT, ANNÉE A

Lectures

Isaïe 35,1-6

Psaume 145 (146)

Jacques 5,7-10

Matthieu 11,2-11

 

Méditation

Le troisième Dimanche de l’Avent est connu sous le nom de Dimanche de Gaudete (dimanche de la joie). En effet, la liturgie de ce dimanche nous exhorte à anticiper la joie de Noël, mystère de Dieu qui se fait l’un de nous pour nous sauver. L'antienne d’ouverture nous dit: "Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Je vous le répète, réjouissez-vous !" Aussi, le prophète Isaïe nous invite-t-il à exulter et crier de joie, car Dieu vient nous sauver. Ce salut signifie guérison, libération, restauration, plénitude de la vie et sainteté (Is. 35,1-6).

 

Cette joie à laquelle nous sommes invités est la joie de l’espérance qui caractérise notre attente de la venue du Seigneur. Cette joie est aussi le fuit de la patience. Car l’impatience conduit souvent à la frustration, à la colère, à l’anxiété, et au mécontentement. Mais comme le cultivateur qui attend patiemment la récolte des fruits de ses labeurs souvent pénibles, nous aussi devons être patients : « Prenez patience, vous aussi, tenez fermes vos cœurs car la venue de Seigneur est proche », nous dit Saint Jacques (Jacques 5,7-10).

 

Par ailleurs, cette joie vient de la foi, une foi qui nous aide à reconnaître les signes de la présence de Dieu. Jean-Baptiste était un grand prophète qui avait reconnu Jésus comme le Messie tant attendu quand il baptisait les foules dans le Jourdain. Cependant, les mois ont passé ; Jean-Baptiste est emprisonné ; et Jésus lui-même ne revendique pas le titre de Messie. Naturellement, Jean-Baptiste peut se demander : est-ce que je me suis trompé du Messie ? Alors, il envoie ses disciples demander à Jésus : "Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous attendre un autre ?" En réponse, Jésus affirme implicitement que les signes qu’il accomplit sont les preuves qu'il est bel et bien le Messie, l’Envoyé de Dieu pour sauver son peuple, comme l’avait prophétisé Isaïe (Mt 11,2-11).

 

Ainsi, comme Jean-Baptiste, il peut nous arriver de douter parfois de la présence de Dieu et de son action dans nos vies et dans le monde. Mais ne perdons jamais la confiance et le courage. En ce temps d’attente joyeuse pour la venue du Seigneur, puissions-nous être remplis de joie et d’espérance. Daigne le Seigneur ouvrir nos yeux de foi pour le reconnaître, lui qui vient chaque jour à nous de diverses manières et surtout dans l'Eucharistie. Amen

samedi 3 décembre 2022

2e DIMANCHE DE L'AVENT, ANNÉE A

Lectures

Isaïe 11,1-10

Romains 15,4-9

Matthieu 3,1-12

 

Méditation

À part le prophète Isaïe et la Vierge Marie, l’une des importantes figures du temps de l’Avent est Jean-Baptiste, le précurseur du Christ. En effet, Jean-Baptiste est celui qui a préparé la venue du Roi-Messie annoncé par le prophète Isaïe. C’est lui qui peut nous aider à bien préparer nos cœurs pour accueillir le Fils de Dieu qui naîtra de Marie. Ainsi, son message a un double caractère : l’annonce de l’imminence de la venue du Christ ; et l’appel à la conversion. Son message est clair et direct : « Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche ». 

 

Cet appel à la conversion n’est pas adressé seulement aux Saducéens et aux Pharisiens. Nous sommes tous appelés à porter des fruits de repentance et de renouveau parce que le jugement de Dieu est imminent. Le Roi-Messie et Juge-Libérateur longuement attendu est à la porte. L’annonce de la venue de l’Oint de Dieu, faite par le prophète Isaïe dans la première lecture, va être réalisée. Rempli du Saint-Esprit, ce Roi-Messie et descendant du roi David, vient rétablir la paix, le bonheur, l’harmonie et le glorieux règne de la vérité et de la justice de Dieu sur la terre. Cette prophétie peut être difficile à accepter dans notre monde contemporain marqué par la violence, les épidémies, la discrimination, les injustices, la corruption, les instabilités politiques, les guerres, etc. 

 

Ainsi, devant nos aspirations toujours croissantes à la liberté, à la paix et l’harmonie entre les peuples, la prophétie d’Isaïe semble utopique et irréaliste. Mais il faut reconnaître que si nous la réécoutons aujourd’hui, c’est parce qu’elle porte un message d’espérance valable pour tous les temps. St Paul a donc raison quand il dit : « Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et du réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance ». Car les Saintes Écritures nous révèlent toujours le dessein salvifique que Dieu a pour l’humanité. 

 

Le message de ce deuxième dimanche de l’Avent est donc clair : le Christ, Roi et Rédempteur, vient pour établir le Règne de Dieu parmi nous. Et la condition pour faire partie de ce projet d’amour e de salut est la conversion quotidienne. Ainsi, la prédication vigoureuse de Jean-Baptiste nous appelle à nous engager plus résolument dans ce chemin de préparation vers Noël. 

 

samedi 26 novembre 2022

1er DIMANCHE DE L’AVENT, ANNÉE A


Lectures

Isaïe 2,1-5

Ps 122

Romains 13,11-14

Matthieu 24,37-44

 

Méditation

En ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. Dans le langage courant, « avent » signifie la venue ou l’arrivée d’un événement important, d’une grande personnalité ou d’une invention. Dans le langage liturgique, on entend par « Avent », la période de quatre semaines de préparation pour la commémoration de la Nativité de Jésus-Christ, célébrée le jour de Noël (25 décembre). Mais l’Avent nous rappelle aussi que le Christ vient tous les jours dans nos vies et qu’il reviendra glorieusement à la fin des temps (la Parousie). Ainsi, l’Avent est une saison de promesse, d’attente vigilante et d’espérance.

 

Dans l’Évangile, Jésus invite ses disciples à veiller et à se tenir prêts pour la venue du Fils de l’Homme ; car il viendra en une heure à laquelle ils ne s’attendent pas. Selon lui, les contemporains de Noé étaient tellement submergés dans la poursuite des choses ordinaires qu’ils ne s’aperçurent pas de l’imminence du Déluge. Ils ne soupçonnaient absolument rien et furent soudainement détruits. Le disciple du Christ, au contraire, doit veiller et se tenir prêt en tout temps.

 

Ainsi, la certitude que le Christ viendra nous conduit à envisager lavenir avec confiance, comme nous le demande le prophète Isaïe. Il annonce que les jours arrivent où toutes les nations afflueront vers la montagne de la Maison du Seigneur. Dieu établira la paix et l’harmonie parmi les peuples. Cette vision merveilleuse est une promesse divine et nous pousse à adopter une attitude de pèlerinage, de chemin vers Dieu. Dans cette logique, marcher à la lumière du Seigneur comme nous invite le prophète, c’est accepter de quitter les ténèbres de nos péchés et vivre dans la lumière du Christ. Saint Paul a donc raison quand il nous exhorte à rejeter les activités des ténèbres et nous comporter comme on le fait en plein jour, en évitant toute duplicité et en vivant honnêtement. 

 

En ce temps de l’Avent, nous sommes donc invités à éviter les comportements qui peuvent endormir notre conscience, notamment les orgies et l’ivresse, la débauche et la luxure, la rivalité et la jalousie. Puissions-nous rechercher la présence du Seigneur à travers la prière et les bonnes œuvres afin qu’il puisse nous trouver prêts quand il viendra. Amen

 

Je vous souhaite une bonne année et une fructueuse saison de l’Avent !!!

 

samedi 19 novembre 2022

SOLENNITÉ DU CHRIST, ROI DE L'UNIVERS, ANNÉE C

Lectures

2 Samuel 5,1-3

Psaume 121 (122)

Colossiens 1,12-20

Luc 23,35-43

 

Méditation 

Nous célébrons aujourd’hui la solennité du Christ, Roi de l'univers, une solennité qui clôture l'année liturgique. En effet, les lectures nous présentent deux images apparemment contrastées de la royauté de Jésus-Christ. L’hymne de Saint Paul célèbre la prééminence du Christ Jésus et sa Seigneurie sur toute la création. Mais au même moment, l'Évangile nous présente Jésus ridiculisé et crucifié. 

 

Le point est que nous ne pouvons pas célébrer la royauté de Jésus Christ sans regarder la Croix. Jésus est Roi non parce qu’il s’arroge le pouvoir, mais parce qu’il donne sa vie pour l’humanité. Aussi, quand les chefs, les soldats et l’un des malfaiteurs crucifiés avec Jésus demandent-ils une démonstration de force, le « bon larron » reconnaît la royauté de Jésus et dit : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ». En réponse, Jésus lui déclare : « Amen, je te le dis : aujourd’hui même, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Nous voyons donc ce que signifient les paroles de saint Paul lorsqu'il dit que Dieu nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a « transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés ». 

 

Jésus est donc Roi, mais pas à la manière du monde. La logique du monde associe les rois à la force et au prestige, à la noblesse et à la richesse. Souvent, les intérêts personnels et les ambitions égoïstes motivent leur règne et leurs décisions. Mais Jésus est le Roi qui donne sa vie pour tous. Il est venu inaugurer un royaume d’amour et de miséricorde, de vérité, de justice et de paix. 

 

Pour entrer dans ce royaume, il faut le reconnaître et l’accepter comme Roi et Seigneur de nos vies ; et pour le reconnaitre, il faut regarder la Croix. Comme les tribus d’Israël qui donnèrent l’onction à David afin qu’il régnât sur elles, reconnaissons notre besoin de nous confier au Roi Jésus, le seul qui puisse nous protéger, nous conduire et nous donner la vie. Que nos dirigeants de tout ordre reconnaissent la royauté du Christ et le prennent pour modèle afin que notre monde soit un royaume d’amour et de respect mutuel, de pardon et de réconciliation, de justice et de paix. Amen

 

Bonne Fête !!!

vendredi 11 novembre 2022

33e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C


Lectures

Malachie 3,19-20

Ps 97,5-9

2 Thessaloniciens 3,7-12

Luc 21,5-19

 

Méditation

En ce dimanche qui précède la solennité du Christ Roi, les textes liturgiques nous parlent de la fin des temps. Dans la première lecture, le prophète Malachie annonce « le jour du Seigneur ». Ce sera un jour terrifiant pour les orgueilleux, les méchants et les impies, car ils seront consumés. Mais pour les justes et ceux qui craignent le nom de Dieu, ce sera un jour de salut et de révélation de la gloire du Seigneur.

 

Dans l'Évangile, certaines personnes s’émerveillent de la magnificence du Temple de Jérusalem. Mais Jésus annonce que « des jours viendront, où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit ». Il annonce également les événements précurseurs de la fin des temps : tribulations, les faux prophètes, catastrophes naturelles, guerres, persécutions des croyants. Mais le croyant ne doit pas être terrifié, car « pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie »

 

En fait, à chaque époque, les gens ont espéré que la fin du monde se produirait Den leur temps, comme c’était le cas des Thessaloniciens. Certains parmi eux, persuadés de l’imminence du retour du Christ, avaient perdu la motivation pour leurs responsabilités quotidiennes surtout le travail. Mais pour l’apôtre Paul, l'inévitabilité de la fin des temps et le retour « imminent » du Seigneur ne doivent pas nous rendre oisifs, « affairés sans rien faire ». Le chrétien doit travailler avec diligence en attendant le retour du Seigneur. Notre espérance du retour glorieux du Christ doit être accompagnée par notre vigilance quotidienne. 

 

Bref, il faut prier sans cesse, mais il faut aussi travailler sans cesse. Notre travail doit se réaliser à travers les gestes concrets d’amour, de solidarité et de fraternité envers les autres, surtout envers les pauvres et les plus démunis. C’est ainsi que nous continuerons à travailler pour le Royaume de Dieu. En ce jour où nous célébrons la Sixième Journée Mondiale des Pauvres, demandons la grâce d’être sensibles à la misère et à la souffrance de nos frères et sœurs dans l’indigence. Prions pour eux afin que leur espérance dans le Seigneur ne soit pas en vain. Amen. 

samedi 5 novembre 2022

32e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

Lectures

2 Maccabées 7, 1-2, 9-14

Ps 17 

2 Thessaloniciens 2,16–3, 5

Luc 20,27-38

 

Méditation 

Le thème qui émerge des lectures d’aujourd’hui est la foi en la résurrection des morts. Dans l'Évangile, les sadducéens, qui niaient la résurrection, présentent une histoire non seulement pour tendre un piège à Jésus mais aussi pour ridiculiser la croyance en la résurrection. Mais Jésus, s’appuyant sur l’Écriture, les assure qu'il y a bel et bien la vie après la mort, car Dieu n’est pas le Dieu des morts mais le Dieu des vivants. De plus, dans la vie éternelle, les enfants de la résurrection ne se marient pas, ni ne sont donnés en mariage, car ils deviennent comme des anges. 

 

Ainsi, la question à poser n’est pas s’il y a ou non la vie éternelle, mais plutôt comment faire pour être jugé digne de la vie éternelle. La croyance en la vie après la mort devient alors source d’inspiration et d’encouragement, surtout face aux épreuves et aux persécutions de la vie présente. C'est ce que nous voyons dans le martyre des sept frères et de leur mère raconté dans la première lecture. L’histoire se déroula vers l’an 165 av. J.C., pendant la persécution d'Antiochus Épiphane, qui était déterminé à imposer aux Juifs la culture et la religion grecques, amenant nombreux juifs à renier leur foi. 

 

En écoutant ce récit, on peut se demander: qu’y a-t-il de mal à manger un peu de porc si cela sert à sauver sa vie? En fait, le problème de fond était plus que la « viande de porc ». C’était un problème de choix. Pas un choix entre manger et ne pas manger la viande de porc. Mais un choix entre rester fidèle à Dieu ou obéir à l’ordre d'Antiochus. Les sept frères et leur mère avaient choisi de mourir plutôt que de renier leur foi. Ils endurèrent torture et cruauté parce qu'ils avaient la ferme conviction que le Seigneur Dieu les ressusciterait.

 

Dans notre monde de plus en plus sécularisé, la foi en la résurrection est ridiculisée et la « viande de porc » a pris différents noms : pouvoir, popularité, sexe, argent, travail, promotion, etc. Nombreux sont ceux qui compromettent leur identité chrétienne et les vertus évangéliques face à ces choses. Ainsi, comme saint Paul dans de la deuxième lecture, demandons à Dieu de nous délivrer des gens pervers et des situations qui peuvent nous conduire à la mort éternelle. En ce mois dédié à nos frères et soeurs défunts, prions pour que la lumière sans déclin brille à leurs yeux. Amen

lundi 31 octobre 2022

SOLENNITÉ DE TOUSSAINT

Lectures

Apocalypse 7,2-4.9-14

Psaume 23 (24)

1Jean 3,1-3

Matthieu 5,1-12

 

Méditation

Nous célébrons aujourd'hui la Solennité de la Toussaint. Nous appliquons souvent le titre de « Saint ou Sainte » aux catholiques qui se sont distingués par une vie de foi féconde, un témoignage héroïque du Christ dans le martyre ou une vie de vertus évangéliques exemplaires, et qui ont été canonisés ou béatifiés par l'Église. Mais la célébration de «Tous les saints» fait référence à cette multitude d'hommes et de femmes, d'enfants et de vieillards, chrétiens et non chrétiens, de toutes les générations, dont la vie sur la terre a plût à Dieu et qui sont maintenant avec Lui au paradis. 

 

Dans la première lecture, saint Jean nous raconte sa vision de 144 000 personnes venant des douze tribus d'Israël. Mais il vit aussi une « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes les nations, tribus, peuples et langues ». Ils étaient vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main devant le trône de Dieu et de l'Agneau. Ils venaient de la grande détresse, et avaient blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau (Ap. 7,2-4.9-14).

 

Ils n'étaient pas des surhommes sur la terre, mais des hommes et des femmes ordinaires comme nous. Ce qui les distingue, c’est qu’ils ont été fidèles jusqu'au bout malgré tout. Ils ont fait preuve des vertus proclamées par notre Seigneur Jésus-Christ dans les Béatitudes, comme étant « la Charte de la Sainteté », et « les pistes vers le royaume des cieux » (cf. Matt. 5, 1-12). Par ailleurs, Saint Jean nous rappelle que Dieu nous a comblés de son amour et a fait de nous ses enfants. Mais ce que nous serons n'a pas encore été révélé. Notre espérance est donc de devenir semblables à lui quand nous le verrons tel qu'il est (1Jean 3, 1-3).

 

Ainsi, la sainteté n’est pas réservée à quelques privilégiés. Chacun de nous est appelé à être saint, à la perfection. Mais souvenons-nous que «la perfection ne consiste pas à faire des choses extraordinaires, mais à faire des choses ordinaires de façon extraordinaire». Bref, devenir saint, c’est rechercher le bien, faire le bien, et le faire bien par pur amour. Mais nous ne pouvons pas toujours bien faire le bien sans la grâce de Dieu. Demandons-lui donc la grâce afin de pouvoir suivre les pas des saints et contempler un jour sa gloire au ciel. Amen


Bonne Fête !!!

samedi 29 octobre 2022

31e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C



Lectures

Sagesse 11,22—12,2

Psaume 144 (145)

2 Thessaloniciens 1,11—2,2

Luc 19,1-10

 

Méditation

Les lectures de ce dimanche nous révèlent l’immensité de l’amour de Dieu pour ses créatures que nous sommes. En effet, le livre de la Sagesse fait trois affirmations significatives : (i) l’univers, y compris l’humanité, n’est qu’une minuscule goutte de rosée devant la grandeur de Dieu Créateur ; (ii) Tout ce qui existe a été voulu par Dieu qui a créé tout par pur amour ; rien n’existe par chance ou par accident ; (iii) Dieu est tendre et patient. Il pardonne les infidélités et reprend le pécheur pour qu’il se convertisse et vive. Sa patience est donc pédagogique.

 

C’est dans ce contexte de l’amour miséricordieux et salvifique de Dieu pour chacune de ses créatures qu’il faut comprendre la rencontre de Zachée avec Jésus dans l’Évangile. Toutes les descriptions que fait l’évangéliste Luc de Zachée visent à nous faire comprendre que Zachée était un pécheur public détestable par la foule. Cependant, c’était ce pécheur « à gros gain » qui attira le regard miséricordieux de Jésus. 

 

Zachée voulait voir Jésus, mais c’est plutôt Jésus qui le vit. Ayant ainsi reconnu Jésus comme le Seigneur, Zachée accepta avec joie l’auto-invitation de Jésus de demeurer dans sa maison. Cette rencontre transforma sa vie. Survint alors une conversion radicale, qui se manifesta en des gestes concrets, en des décisions concrètes. Dans cet épisode, Jésus nous révèle son identité et sa mission : Il est le Fils de l’Homme venu pour chercher et sauver ce qui était perdu

 

Ces lectures nous révèlent ainsi que Dieu aime chacun de nous. Malgré nos infidélités et nos égarements, malgré le jugement condamnateur des autres sur nous, nous demeurons les « fils d’Abraham », fils et filles de la promesse de Dieu. À cet effet, il nous aime et nous reprend après nos chutes afin que nous nous convertissions et vivions. La question pour nous aujourd’hui est donc celle-ci : sommes-nous prêts à descendre de nos arbres d’orgueil, de ressentiment, de culpabilité pour rencontrer Jésus-Christ ? Sommes-nous prêts à accueillir le salut qu’il nous offre ? Accepterions-nous de lui ouvrir nos cœurs ? 

Comme dans la prière de St Paul, daigne le Seigneur nous accorder sa grâce afin qu’il nous trouve dignes de notre appel et que son Fils notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ soit glorifié en nous. Amen 

 

samedi 22 octobre 2022

30e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

 



Lectures

Ben Sirac le Sage 35,15-17.20-22

Psaume 33 (34)

2 Tim. 4,6-8.16-18

Luc 18,9-14

 

Méditation

La semaine dernière, la Liturgie de la Parole nous exhortait à persévérer dans la prière. Aujourd’hui, elle nous présente l’humilité comme la disposition intérieure indispensable pour une prière efficace. Car prier, c'est d'abord se mettre en présence de Dieu. Il nous faut donc reconnaître notre petitesse et notre indignité devant lui ; reconnaître notre besoin de sa miséricorde et de sa grâce. Prier c’est manifester notre dépendance vis-à-vis de Dieu.

 

En effet, dans l'évangile, Jésus adresse la parabole du pharisien et du publicain à ceux qui se croyaient justes et méprisaient les autres. Les deux hommes montèrent au temple pour prier. Alors que le pharisien regarde autour de lui (signe de distraction dans la prière) et voit le publicain, sa prière s’est transformée en un acte de jugement, se comparant avec les autres, se vantant de sa « piété » devant Dieu. Le publicain, au contraire, reconnaissant sa condition de pécheur et son besoin de la miséricorde de Dieu, n’osa même pas lever les yeux au ciel. Il pria en se frappant la poitrine : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Selon Jésus, le publicain est rentré chez lui justifié, alors que le pharisien ne l'était pas.

 

Pour utiliser le langage de la première lecture, la supplication du publicain est parvenue au ciel et a traversé les nuées. Il a trouvé faveur devant Dieu, car Dieu écoute toujours la prière du cœur humble. Ainsi, demandons-nous : Sommes-nous humbles devant Dieu ? Sommes-nous souvent arrogants, jugeant et condamnant les autres même pendant nos prières ? Nos prières, en particulier pendant la Messe, se transforment-elles en temps de « commérages » comme celle du pharisien ? Faisons-nous parti de ceux qui pensent qu’ils n’ont pas besoin de la miséricorde de Dieu ? Pensons-nous que nous sommes mieux que les autres ? Que pouvons-nous apprendre du pharisien et du publicain ?

 

Enfin, comme St Paul, puissions-nous mener le bon combat au milieu des épreuves et difficultés de cette vie avec l’espoir de recevoir la couronne de gloire et de justice à la fin de notre course de foi, d’espérance et de charité. Que le Seigneur nous aide à vivre dans l’humilité. Souvenons-nous : « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé ». Que le Seigneur nous bénisse et nous garde. Amen

 

samedi 15 octobre 2022

29e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE C

Lectures

Exode 17,8-13

Ps 121

2 Timothée 3,14—4,2

Luc 18,1-8

 

Méditation

La vie chrétienne est un cheminement de foi avec le Seigneur. Parfois, ce cheminement peut devenir difficile, fastidieux et fatiguant. Il peut nous arriver d’avoir de la peine pour avancer. Ainsi, les lectures d’aujourd’hui nous présentent la Parole de Dieu et la prière comme les deux ailes avec lesquelles nous pouvons nous élever et devenir des vainqueurs. En d’autres termes, elles nous invitent à avoir une vie de foi qui se nourrit de la Parole de Dieu et se fortifie dans la prière.

 

En effet, Saint Paul nous rappelle la centralité de la Parole de Dieu dans notre vie chrétienne. Il fait trois affirmations importantes : (1) Toute Écriture Sainte est inspirée de Dieu ; (2) la Sainte Écriture est un outil indispensable pour une bonne, sainte et féconde vie chrétienne ; (3) la Parole de Dieu doit être prêchée à temps et à contretemps pour convaincre, réprimander et encourager la communauté. Paul sait que la Parole de Dieu est une source inépuisable de force, une sorte de pharmacie dans la vie du chrétien.

 

Dans l'Évangile, Jésus dit à ses disciples la parabole de la veuve importune et du juge injuste afin de les encourager à prier toujours sans relâche. Car contrairement au juge injuste, Dieu ne tardera pas à entendre les cris de ses élus qui l'appellent jour et nuit. Cependant, notons que nous ne pouvons pas persévérer dans la prière si nous manquons de foi, car croire, c'est refuser de baisser les mains. Et ceci est démontré dans la bataille entre les Israélites et les Amalécites qui nous est racontée dans la première lecture.

 

Dans cette perspective, trois leçons peuvent être tirées de ce passage. D’abord, dans nos luttes quotidiennes, nous ne sommes jamais seuls. Dieu est toujours avec nous. Avec lui, la victoire est assurée. Ensuite, nous devons également participer à l’action rédemptrice de Dieu dans notre vie, car « Dieu qui nous a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous » (St Augustin). Nous devons aussi nous soutenir les uns les autres comme Aaron et Hour soutenaient les mains défaillantes de Moïse. Enfin, nous ne devons jamais abandonner même lorsque la bataille dure jusqu’au soir ; même si l'ennemi semble être fort à certains moments, n’abdiquons jamais. Fortifions nos mains défaillantes, levons-les vers le Seigneur dans la prière, car notre secours vient de Lui qui a fait le ciel et la terre. Amen