samedi 27 juin 2020

13e Dimanche du Temps Ordinaire, Année A

2 Rois 4,8-11.14-16

Ps 88

Romains 6,3-4.8-11

 Matthieu 10,37-42

 

Barbara De Angelis disait: «L'amour et la gentillesse ne sont jamais gaspillés. Ils font toujours une différence. Ils bénissent celui qui les reçoit; et ils bénissent celui qui les offre." Ainsi, l'enseignement de Jésus selon lequel quiconque accueille un prophète, un homme juste ou un disciple ne restera pas sans récompense est illustré par l'hospitalité offerte au prophète Élisée par la femme Sunamite et sa conséquente récompense. En effet, quiconque démontre un geste d'amour, de générosité envers autrui, le fait à Jésus lui-même (cf. Matthieu 25:40). Et Dieu n’est pas injuste à tel enseigne d’oublier un geste d’amour.

 

Il est donc important de reconsidérer la façon dont nous vivons notre vie de chrétiens. Car par le baptême, nous participons à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ. Comme nous le dit la deuxième lecture, nous vivons en Jésus-Christ non pour nous-mêmes mais pour Dieu et pour les autres. A cet effet, cette nouvelle vie a ses propres exigences, nous dit l’Evangile de ce jour. Elle exige le service aux autres, prendre sa croix et de tout abandonner, y compris ses relations familiales, pour le service du Christ et de l'Évangile. En d'autres termes, l'engagement envers le Christ prime sur tout le reste.

 

Aussi importante est la façon dont nous acceptons ou interagissons avec ceux qui nous prêchent la Parole de Dieu. Par exemple, notre relation avec nos prêtres. Les voyons-nous comme des hommes de Dieu? Les acceptons-nous comme nous accepterions Jésus lui-même puisqu'ils sont ses représentants parmi nous? Qu'en est-il de ceux qui nous font du bien ou sacrifient leur temps, leurs ressources et énergies de diverses manières pour nous guider dans la prière, ou nous instruire dans la foi? Sommes-nous reconnaissants envers nos catéchistes, ou les responsables des groupes et associations? Est-ce que nous nous efforçons pour leur faciliter la tâche comme la femme sunamite ou plutôt nous essayons de leur rendre la vie plus difficile?

 

En tant que prêtres et responsables, comment traitons-nous nos catéchistes, nos servants de messe, nos maîtres chorale et tous ceux et celles qui nous aident de diverses manières? Les prenons-nous souvent pour acquis, cherchant même des fois d’abuser de leur bienveillance ou cherchons-nous de promouvoir leur bien-être? Rappelons-nous que tout geste d’amour et de compassion fait avec un bon cœur ne passera pas inaperçue de Dieu. Que Dieu nous aide à être généreux envers  les autres comme lui-même est généreux envers nous. Amen

 


samedi 20 juin 2020

12e dimanche du Temps Ordinaire, Année A


Jérémie 20,10-13
Ps 68(69)
Romains 5,12-15
Matthieu 10,26-33

Les lectures d'aujourd'hui parlent de l’attitude qu'un missionnaire doit avoir face à la souffrance et à la persécution. Selon saint Paul en deuxième lecture, la grâce de Dieu en Jésus-Christ est débordante et l'emporte sur les transgressions humaines. Dans l'évangile, Jésus donne des instructions à ses disciples pour la mission qui leur est confiée. Il les invite à avoir l'audace de proclamer la vérité malgré tout, car la vérité elle-même est irrésistible. Il les encourage à surmonter leurs peurs et leurs anxiétés et à mettre leur confiance en Dieu qui veille sur les moineaux et protège les siens.

La première lecture est l’une des «confessions de Jérémie» qui expriment les combats intérieurs et l’ampleur des souffrances de Jérémie à cause de sa mission prophétique. La proclamation de Jérémie était amère et dérangeante pour ses contemporains. Car il ne cessait jamais de dire la vérité et de dénoncer leurs infidélités envers Dieu et les injustices sociales. Avec insistance, il les appelait à la conversion. Pour cette raison, le peuple et ses rois ne l’aimaient pas. Ils le persécutèrent et complotèrent pour le faire mourir. Malgré cela, Jérémie resta fidèle et résilient dans sa mission. Il avait mis confiance en Dieu qui ne saurait l’abandonner.

L'histoire du prophète Jérémie est toujours d'actualité. Dans nos églises, nos communautés, nos maisons et nos lieux de travail, les personnes qui défendent toujours la vérité et la justice sont souvent victimes de haine et de calomnie, de critiques injustifiées et d'accusations infondées, de persécutions et d'autres machinations perverses. Mais cela ne doit pas être un motif de peur ou de découragement. Si nous mettons notre confiance en Dieu et restons fidèles dans le bien, témoignant toujours de la vérité, une grande récompense nous attend au ciel. Ainsi, nous ne devons jamais compromettre les valeurs de l'Évangile afin de sauver notre image ou d'obtenir un gain personnel.

Par ailleurs, si nous abdiquons parce que nous voulons plaire aux hommes, nous perdons tout. Ou si nous-mêmes persécutons les autres et complotons contre eux à cause de leur authenticité et de leur droiture, alors nous devons savoir que la honte et la confusion inoubliables seront notre part. Car Dieu sauve toujours la vie des pauvres et des justes de la main des méchants!

Que Dieu nous protège et nous accorde la grâce de rester toujours fidèles. Amen

Bonne Fête des Pères à tous les pères !!!

samedi 13 juin 2020

Solennité du Saint Sacrement, Année A


Deutéronome 8,2-3.14-16

1 Corinthiens 10,16-17

Jean 6,51-52

 

Nous célébrons aujourd'hui la solennité du Saint Sacrement ou du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est le mystère de la présence réelle de Jésus-Christ dans les espèces du pain et du vin : Jésus Christ est réellement présent dans l’Eucharistie. Dans l'Évangile, Jésus déclare aux Juifs qu'il est le pain vivant descendu du ciel pour la vie du monde. Si nous ne mangeons pas sa chair et buvons son sang, nous n'avons pas la vie en nous, car sa chair est la vraie nourriture et son sang est la vraie boisson. Aussi, «quiconque mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui», nous dit-il. En d'autres termes, chaque fois que nous recevons la Sainte Communion, nous recevons Jésus lui-même et nous entrons dans une relation vivifiante d’intimité et de communion avec lui, une relation qui s'étend à tous ceux avec qui nous participons à l'Eucharistie.

 

Selon saint Paul dans la deuxième lecture, la coupe d’action de grâce que nous bénissons est la communion au Sang du Christ; le pain que nous rompons est la communion au Corps du Christ. Bien que nous soyons nombreux, nous formons un seul corps parce que nous avons tous part au même Pain, qui est le Corps du Christ. Ainsi, bien que chacun de nous participe à l'Eucharistie avec sa personnalité et son histoire, nous devenons un dans le Christ. Nous sommes unis à lui et unis les uns aux autres.

 

Voilà le mystère que nous célébrons à chaque messe. Chaque fois que nous nous réunissons pour célébrer l'Eucharistie, le lien qui nous unit au Seigneur et les uns aux autres se renforce. Comme le peuple d'Israël dans sa marche à travers le désert, notre vie avec toutes les épreuves, la pauvreté, la soif et la faim qu’elle comporte, devient une expérience partagée; et dans l'Eucharistie, le Seigneur vient nous nourrir et nous fortifier pour cette marche. A chaque messe, Jésus nous rejoint et se donne à nous. A chaque messe, Dieu renouvelle sa sollicitude pour nous.

 

La célébration d’aujourd’hui nous rappelle donc la communion, la fraternité, le lien d’intimité et la solidarité qui doivent caractériser nos communautés chrétiennes. Car parfois nous participons à l'Eucharistie et repartons à la maison avec un cœur plein de haine, de ressentiments, d'amertume, de rancune, de jalousie et de mauvaises pensées envers les autres. Comme saint Augustin nous exhorte, «devenez ce que vous célébrez»; et ce que nous célébrons, c'est le Corps et le Sang de Christ, Celui qui s'est donné pour nous. Ainsi, nous deviendrons des signes de la présence du Christ dans le monde. Qu'il nous bénisse et nous garde. Amen

Bonne fête à vous !!!


samedi 6 juin 2020

Solennité de la Sainte Trinité, Année A



















Exode 34,4-6.8-9

2 Co. 13,11-13

Jean 3,16-18

 

«Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.» Nous sommes sans doute familiers avec ces paroles de saint Paul, qui révèlent le mystère que nous célébrons aujourd'hui: la Sainte Trinité. En effet, nous professons notre foi en un seul Dieu qui existe en trois personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. Ainsi, sans prétendre de nous faire comprendre totalement ce mystère, les lectures d’aujourd’hui révèlent que la Sainte Trinité est un Dieu d’amour.

 

Dans la première lecture, Dieu se révèle à Moïse comme «le SEIGNEUR, le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité». Cette révélation de Dieu peut paraître surprenante, étant donné qu'elle advient juste après l'histoire du veau d'or. En effet, quelques jours après l'alliance sur le mont Sinaï, le peuple d'Israël s'était détourné du Seigneur en faisant un veau d'or et en l'adorant. Et pourtant, au lieu d'abandonner ou détruire ce peuple à la nuque raide, Dieu lui pardonne et décide de continuer la marche avec lui, grâce à l'intercession de Moïse.

 

Cette révélation montre que Dieu est Amour. C’est un Dieu dont l’amour et la miséricorde se moquent du jugement. Et c’est ce que nous révèle l’Evangile : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé» (Jean 3,16-17). Ainsi, l’amour de Dieu, qui non seulement nous a donné son Fils Unique mais aussi a répandu dans nos cœurs son amour par  l’Esprit Saint qui nous a été donné, est plus grand que nos péchés et nos infidélités.

 

Par conséquent, en célébrant la Sainte Trinité, nous sommes invités à entrer dans l'histoire de cet amour miséricordieux et infini de Dieu, et à le radier autour de nous. C’est pourquoi saint Paul nous exhorte en ces termes: «Frères, soyez dans la joie. Cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous… » Que le Seigneur nous aide à transformer nos communautés paroissiales, nos familles et nos lieux de travail en communautés d'amour afin de faire l'expérience de sa présence infaillible dans nos vies. Amen


Bonne Fête !!!


samedi 30 mai 2020

Dimanche de Pentecôte, Année A



Actes 1,1-11
Ps 103
1 Co. 12,3-7,12-13
Jean 20,19-23

Nous célébrons aujourd'hui la Pentecôte, une solennité qui commémore le début de l’ère nouvelle dans l’histoire du salut. L'événement eût lieu le jour de la Pentecôte, une fête juive à laquelle fut attaché le souvenir de la Loi donnée au Sinaï, évènement fondateur du peuple d’Israël. La fête était célébrée cinquante jours après la Pâques juive qui commémorait la sortie des fils d’Israël de l’Egypte. Elle était connue aussi sous le nom de la Fête des semaines ou la fête des semences.

La péricope de l'évangile raconte l’apparition du Christ Ressuscité à ses disciples. C’était au soir du jour de sa résurrection. Ils s'étaient enfermés dans la chambre par peur des Juifs. Le Ressuscité se tint au milieu d'eux, leur donna la paix et dit: "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie." Jésus souffla sur eux et dit: «Recevez l’Esprit Saint …» Les disciples étaient remplis de joie non seulement parce qu'ils avaient vu le Seigneur ressuscité, mais aussi parce qu'ils avaient été renouvelés, recréés et fortifiés par le Saint-Esprit pour la mission qui leur est confiée.

Ainsi, l’effusion de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte était une sorte de confirmation pour eux.  Les symbolismes du vent et de la langue de feu étaient significatifs. Avec cette effusion de l’Esprit, le groupe des disciples de Jésus embrase désormais tout le monde sans distinction de langue ou de race comme le vent qui meut tout ce qui vient sur son passage. Il réchauffe les cœurs, purifie et transforme comme le feu. Ainsi, le Saint-Esprit libère les disciples de leur lâcheté et peur, leur permettant de proclamer courageusement les merveilles de Dieu aux peuples de toutes langues et nations (Actes 1: 1-11).

Par notre baptême, nous avons aussi reçu le même Saint-Esprit qui a donné à chacun de nous des grâces spéciales ou des charismes pour le service et l'édification de l'Église, Corps du Christ. Ainsi, ces charismes, talents et dons sont destinés à nous aider à travailler comme une mosaïque, une unité harmonieuse dans laquelle chacun contribue à l'édification de la communauté. Il faut donc nous garder de tomber dans le piège de l’orgueil, du complexe de supériorité, des divisions et des discriminations dont nous sommes souvent victimes. 
Que le Saint-Esprit descende sur nous, nous façonne, et nous recrée. Qu’il envahisse nos cœurs et fasse de nous de vrais témoins de l’Evangile. Amen

Bonne Fête à vous !!!



samedi 23 mai 2020

7e Dimanche de Pâques, Année A



Actes 1: 12-14
1 Pierre 4: 13-16
Jean 17: 1-11

Comme les disciples au Cénacle, toute l'Église attend dans la prière le renouvellement de l'expérience de la Pentecôte. Ainsi, le thème dominant des lectures d’aujourd’hui est la prière. Dans la première lecture, nous voyons les disciples réunis dans la prière. Ils priaient pour l'effusion du Saint-Esprit qui leur donnerait la force de témoigner du Christ malgré les persécutions qui les attendaient. La deuxième lecture invite tous les chrétiens à accepter la souffrance et la persécution comme une opportunité de s’unir plus intimement aux souffrances du Christ et de glorifier Dieu.

L’évangile est un extrait de la prière d’adieu de Jésus, prière communément appelée la prière sacerdotale de Jésus (Jean 17). Avant d'affronter «l'heure» de sa passion et de sa mort, Jésus a prié son Père non seulement pour lui-même mais aussi pour ses disciples. Il a prié pour leur protection et leur unité. Et il a prié pour nous aussi. Il l'a fait parce que même si nous sommes dans le monde, nous appartenons à Dieu qui nous invite à la vie éternelle. Et l'essence de la vie éternelle à laquelle nous sommes appelés est de connaître et d'accepter Dieu comme le seul vrai Dieu et Jésus-Christ celui qu'il a envoyé dans le monde pour notre rédemption.

Cette connaissance ne consiste pas simplement à lire ou à entendre parler de Dieu et de Jésus-Christ. Connaître Dieu, c'est avoir une expérience profonde et personnelle de Dieu dans notre vie et accepter son Fils Jésus-Christ comme notre Seigneur et Sauveur. C'est une vie de relation d’intimité avec Dieu, une vie d'abandon total dans la foi et dans l'espérance. Il est cependant indéniable que nous ne pouvons y parvenir sans une vie de prière. Dans la prière, nous entrons en contact avec Dieu. Nous dialoguons avec Lui. Nous nous connectons au réseau du Dieu trinitaire. Et cela est rendu possible grâce l’action du Saint-Esprit.

Par conséquent, en ce temps où nous attendons dans la prière notre renouvellement dans l'Esprit Saint, demandons au Seigneur d'augmenter en nous la conscience que nous lui appartenons. Puissions-nous toujours chercher sa présence, contempler son amour dans le Christ crucifié et Ressuscité ; et reconnaître ses bontés sur la terre des vivants. Amen


samedi 16 mai 2020

6e Dimanche de Pâques, Année A


Actes 8,5-8.14-17
Psaume 66
1 Pierre 3,15-18
Jean 14,15-21

Ce dimanche précède la Solennité de l'Ascension du Seigneur, qui sera célébrée le jeudi prochain (21 mai 2020), et nous introduira à la préparation immédiate pour la célébration de la Pentecôte. À ce titre, les lectures d’aujourd’hui font référence au Saint-Esprit afin de nous préparer progressivement à la célébration de l’effusion du Saint-Esprit.

Dans la première lecture, les apôtres Pierre et Jean allèrent en Samarie pour prier pour les nouveaux baptisés afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. A leur arrivée, ils prièrent, leur imposèrent les mains, et ceux-ci reçurent le Saint-Esprit. Dans la deuxième lecture, Pierre parle du mystère pascal du Christ en disant: "Le Christ a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l'Esprit." Dans la péricope de l'Evangile qui est la continuité de celle du dimanche dernier, Jésus annonce la venue d’un autre Défenseur, l'Esprit de vérité.

Dans cette perspective, nous pouvons tirer deux leçons des lectures d’aujourd’hui. Premièrement, le Seigneur nous promet qu’il ne nous laissera pas orphelins. Il nous enverra l'Esprit Défenseur, l’Esprit de vérité pour demeurer auprès de nous et être en nous. Le terme «Paraclet», utilisé par l’Evangéliste, fait référence à une personne qui est appelée auprès d’un accusé pour l’assister dans un procès; il est le conseiller, l’avocat, le défenseur de l’accusé. C'est une personne qui donne du courage pour faire face à de grandes difficultés, une personne qui réconforte dans des situations difficiles. Et voilà le rôle de l’Esprit Saint en nous. Par conséquent, nous ne sommes jamais seuls dans notre vie, même au milieu de grandes souffrances, d'épreuves et de divers types de persécution. Et cela doit être pour nous source de grande joie, d'assurance et d'espoir.

Deuxièmement, comme St Pierre nous encourage, nous sommes appelés à témoigner de cette espérance que nous avons: "Soyez toujours prêts à donner une explication à quiconque vous demande une raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Garder votre conscience droite… " Un chrétien est une personne d'espérance; il est appelé à encourager et à donner espoir aux autres. Que le Saint-Esprit, le Paraclet, vienne et demeure en nous. Amen.

Bon Dimanche à chacun de vous !!!


samedi 9 mai 2020

5ème Dimanche de Pâques, Année A


Actes 6,1-7
1 Pierre 2,4-9
Jean 14,1-12

La liturgie de la Parole d'aujourd'hui nous offre des lectures significatives pour une compréhension plus profonde de notre appartenance au Christ et à l'Église. La première lecture montre comment les différences et les conflits peuvent être résolus au sein d’une  communauté. En effet, les hellénistes (les convertis de langue grecque) récriminèrent contre les frères de langue hébraïque que leurs veuves étaient négligées dans la distribution quotidienne de la nourriture. Pour résoudre ce problème, les apôtres convoquèrent les croyants et ils choisirent sept frères pour être en charge du service quotidien. Cela permit aux apôtres de se consacrer à la prière et au service de la Parole (Actes 6,1-7).

La deuxième lecture nous invite à nous considérer comme des pierres vivantes d’un édifice spirituel, construit par Dieu avec Jésus comme la pierre angulaire. Car Dieu nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Il a fait de nous une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte. Il nous a destinés au salut. Notre mission est de proclamer ses merveilles et de nous offrir comme des sacrifices spirituels agréables à lui par Jésus-Christ (1 Pierre 2,4-9).

Dans l'évangile, les disciples étaient devenus tristes et découragés lorsque Jésus leur annonça qu'il les quitterait bientôt. En conséquence, Jésus les consola en les rassurant qu’il allait leur préparer des demeures dans la maison de son Père. Ensuite il leur déclara qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie. En lui, la présence de Dieu parmi les hommes s’est manifestée, car celui qui l’a vu a vu Dieu le Père (Jean 14,1-12).

Deux leçons peuvent être tirées des lectures d'aujourd'hui. D’abord, les conflits et les malentendus sont inévitables lorsque deux ou plusieurs personnes se réunissent. Mais nos différences et nos diversités doivent devenir des opportunités de croissance et non des occasions de divisions et de distraction. Ainsi, chaque fois que des incompréhensions et des conflits surgissent entre nous, choisissons le dialogue dans la vérité et  la justice comme la voie d'or pour sauvegarder l’harmonie et l’unité qui doivent exister entre nous.

Enfin, il nous est parfois difficile de nous laisser consoler à cause des injustices et des discriminations que nous subissons ou à cause des anxiétés, des pertes et des différentes difficultés que nous traversons. Mais nous devons laisser les paroles de Jésus toujours parler à nos cœurs: «Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Que ces paroles deviennent source d’espérance et de consolation, particulièrement en ces moments éprouvants de la pandémie du COVID-19. Amen


samedi 2 mai 2020

4ème dimanche de Pâques, année A


Actes 2: 14.36-4
1 Pierre 2: 20-25
Jean 10: 1-10

Le quatrième dimanche de Pâques est appelé le dimanche du Bon Pasteur. Ainsi, chaque année, l’Evangile de ce dimanche est tiré du discours de Jésus sur le Bon Pasteur (Jean 10). Aussi, en ce dimanche l'Église nous invite-t-elle à prier pour la vocation, d'où le nom de «dimanche des vocations».

En première lecture, Pierre conclut son discours le jour de la Pentecôte. Il annonce que Dieu a fait de Jésus crucifié, Seigneur et Messie. Toute sa proclamation était un appel à la conversion, un appel adressé d'abord aux Juifs, car la promesse appartenait à eux et à leurs enfants, puis «à tous ceux qui sont loin, que le Seigneur notre Dieu appellera». Et en ce jour-là, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés ; environ trois milles personnes devinrent membres de la bergerie du Christ.

La deuxième lecture identifie Jésus-Christ avec le Serviteur Souffrant qui porta nos péchés pour nous réconcilier avec Dieu, car nous étions errants comme des brebis. Ainsi, par sa mort sur la croix, lui, notre berger et le gardien de nos âmes, nous a ramenés à Dieu.

Par conséquent, Jésus-Christ est la porte d'entrée unique vers le salut éternel, tel que c’est exprimé à travers l'image du berger et de ses brebis. En disant qu'il est la porte des brebis, Jésus nous dit qu'il est le Bon Berger, la source de notre sécurité et de notre salut. Il nous connaît. Il prend soin de nous, nous conduit et nous donne la plénitude de la vie. De cette façon, il correspond parfaitement à la description du psaume qui présente le Seigneur comme le bon berger d'Israël, qui prend soin de ses brebis et pourvoit à leurs besoins.

Dans cette perspective, nous pouvons tirer deux leçons des lectures d’aujourd’hui. Premièrement, nous sommes tous appelés à faire partie de la bergerie de Jésus. Nous devons écouter sa voix et le suivre. Deuxièmement, chacun de nous est appelé à être un bon berger comme Jésus lui-même. Car chacun a été appelé à jouer un rôle spécifique dans la communauté chrétienne et dans la société : prêtres, religieux, catéchistes, parents, enseignants, médecins, fonctionnaires d’Etat, etc. Ainsi, nous devons prendre soin de ceux qui nous sont confiés, et les conduire au Christ. Que le Seigneur nous bénisse afin de grandir dans notre relation avec lui.  Qu’il nous accorde la grâce d'être de bons pasteurs selon son cœur. Amen

Bon Dimanche !!!


samedi 25 avril 2020

Troisième Dimanche de Pâques, Année A


Actes 2,14.22-33
Psaume 15 (16),1-2.5.7-11
1 Pierre 1,17-21
Luc 24,13-35

Selon les lectures d'aujourd'hui, la Passion, la mort et la résurrection de Jésus-Christ n’étaient pas des événements du hasard. Comme Jésus ressuscité l'a révélé aux deux disciples sur le chemin d'Emmaüs, tout s'était passé conformément aux Écritures. Car il fallait que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire (Luc 24,13-35). Selon la prédication de Pierre le jour de la Pentecôte, tout ce qui était arrivé à Jésus s’était accompli selon le dessein établi et la prescience de Dieu. Il était mort mais Dieu l'a ressuscité (Actes 2,14.22-33). Par conséquent, sa passion, sa mort et sa résurrection s’inscrivent dans le plan salvifique ou dessein d’amour de Dieu pour toute l’humanité. Dieu l’avait prédestiné avant la fondation du monde afin que nous soyons rachetés par le sang précieux de son Fils Jésus-Christ (1 Pierre 1,17-21).

Cependant cela n'était pas évident pour les disciples, surtout pendant les quelques jours qui ont suivi sa mort. Comme nous le révèle le récit d'Emmaüs, les disciples avaient perdu espoir. Ils avaient espéré que Jésus était le Messie qui allait délivrer Israël; mais il fut impitoyablement condamné à une mort infâme. Pour eux, la mort de Jésus serait une défaite, un échec total. Ils quittènt donc Jérusalem avec le regard déçu et découragé, perdu et abattu. Mais le Ressuscité les rejoint en chemin comme le seul étranger à Jérusalem. Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître jusqu'au moment de la fraction du pain. Bref, leur rencontre avec le Christ Ressuscité transforma leurs vies, changea leur tristesse en joie et leurs ténèbres en lumière de foi.

Parfois, nous aussi nous vivons des moments de désolation et marchons dans des vallées de ténèbres. Nous ne comprenons pas pourquoi certains malheurs nous  frappent ou arrivent aux autres. Mais nous devons toujours nous rappeler que ces situations sont des cheminements de foi vers la gloire et la victoire. N'oublions jamais que Jésus chemine avec nous même lorsque tout paraît sombre autour de nous. Ainsi, dans les moments de confusion, lorsque la vie semble vide de sens et sans espérance, et que nous sommes sur le point d’abdiquer, que notre prière soit aussi simple que celle des disciples d'Emmaüs: Mane nobiscum, Domine: Reste avec nous, Seigneur ! Car le Seigneur est notre partage et notre coupe. Il ne peut nous abandonner à la mort ni laisser ses amis connaître la corruption.  Qu’il nous bénisse et nous garde. Amen

samedi 18 avril 2020

2e Dimanche de Pâques, Année A

DIMANCHE DE LA MISERICORDE DIVINE

Actes 2: 42-47
Ps 118
1 Pierre 1: 3-9
Jean 20: 19-31

En l’an 2000 lors de la messe de canonisation de Sr Faustine Kowalska, le Pape Jean Paul II institua le deuxième dimanche de Pâques le « Dimanche de la Miséricorde Divine.» Selon lui, «la miséricorde divine atteint les êtres humains par le cœur du Christ crucifié.» Ainsi nous célébrons aujourd’hui l’amour miséricordieux que Dieu a manifesté au monde à travers la Passion, la mort et la Résurrection du Christ. Dans la péricope de l’évangile d'aujourd'hui, le Christ ressuscité apparaît à ses disciples et leur montre les marques de sa passion, expression de la miséricorde de Dieu pour l'humanité.

Nous pouvons nous imaginer à la place des disciples qui avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient par peur des Juifs, tout comme nous aussi nous sommes confinés par peur de la pandémie COVID-19. Il est  intéressant pourtant de noter que le premier don que le Christ ressuscité fait à ses disciples au milieu de l’épreuve de foi qu’ils traversent est la paix: "La paix soit avec vous!" leur dit-il. La paix qu'il leur donne est la paix qui pardonne, qui oublie leurs échecs et leurs erreurs, et les rassure de sa présence. C'est la paix qui donne joie et espérance.

Dans la deuxième lecture, Pierre s'adresse aux chrétiens de la Diaspora, les encourageant à être pleins de joie et d'espérance malgré les souffrances et les épreuves qu'ils devraient traverser. Car «Dieu dans sa miséricorde nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts» (1 Pierre 1: 3-9). Avec la résurrection du Christ, «nous conquerrons un droit fondamental, qui ne nous sera pas enlevé : le droit à l’espérance. C’est une espérance nouvelle, vivante, qui vient de Dieu» disait le Pape François. Ainsi, nous ne devons jamais nous décourager quoi qu'il arrive.


Par ailleurs, la communauté des premiers chrétiens nous est donnée comme modèle. Ils étaient solidaires mettant leurs biens en commun. Aussi, étaient-ils assidus aux enseignements des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (Actes 2: 42-47). Nous sommes donc inviter à les imiter en ces temps de confinement: à nous consacrer constamment à la prière, à l’écoute de la Parole de Dieu, et à la vie en famille. A supporter les autres qui sont plus dans le besoin. Ce faisant, nous ferons de nos maisons des «églises domestiques vivantes». Que le Christ Ressuscité nous rassure de sa présence indéfectible et augmente en nous la foi, l’espérance et la charité. Amen

samedi 11 avril 2020

Dimanche de Pâques


LE CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITE! 

Actes 10,34.37-43 
Ps 117 
1Corinthiens 5,6-8 
Jean 20,1-9

"Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et de joie" : Jésus de Nazareth, crucifié, mort et enseveli est ressuscité. Il est sorti vivant du tombeau. Voilà le fondement de notre foi et de toute notre vie chrétienne. Mais la résurrection du Christ, d’après l’Evangile de ce matin, ne s’impose pas comme une évidence. Il n’y a pas de « preuves » de la résurrection du Christ. Personne n’avait vu Jésus « sortir » du tombeau. Il n’y a que des indices qui montrent que quelque chose d’extraordinaire s’était passée : le tombeau vide, les apparitions du Christ ressuscité, et le témoignage des Apôtres. 

En effet, au matin du premier jour de la semaine, Marie Madeleine, Simon Pierre et Jean ont « constaté » les faits de la résurrection. Le linceul et le suaire soigneusement rangés impliquent que le corps de Jésus n’a pas été furtivement enlevé. Alors l’autre disciple vit et il crut (Jean 20,1-9).

C’est pourquoi dans la première lecture, Pierre témoigne de la résurrection du Christ comme un fait de foi. Après sa résurrection, nous dit-il, Jésus s’était montré à eux. Il a mangé et bu avec eux (Actes 10,34.37-43). D’autres récits de la résurrection en témoignent. Il est donc vrai qu’il était ressuscité.

Mais qu’elle est la portée de cet évènement pour nous ? St Paul nous répond dans la deuxième lecture que nous devons purifier nos cœurs, et fêter la Pâques non avec de vieux ferments de la perversité et du vice, mais dans la droiture et la vérité (1Co 5,6-8). Fêter la Pâques, c'est donc nous débarrasser de nos vielles habitudes et vivre comme des Chrétiens crédibles et authentiques. Nous sommes appelés donc à être de vrais témoins de la résurrection. Etre témoin de la résurrection comme Pierre, c’est amener les autres à avoir part à cette joie, cette lumière, cette paix, ce pardon que nous offre le Christ ressuscité. Amen

Joyeuse Pâques à chacun de vous !

vendredi 10 avril 2020

Triduum Pascal, Samedi Saint


LA VEILLEE PASCALE

Gen. 1:1-- 2:2; Gen. 22:1-18; Exod. 14:15—15:1; Is. 54:5-14; Is 55:1-11; Bar. 3:9-15.32—4:4; Ezek. 36:16-17.18-28; Rom 6:3-11; Matt. 28:1-10

Le Samedi Saint est le troisième jour du Triduum Pascal. Le soir, nous célébrons la Veillée Pascale, «la Pâque en l'honneur du Seigneur». La liturgie de la Veillée Pascale se compose de quatre parties, à savoir le service de la lumière, la liturgie de la Parole, la liturgie du baptême et la liturgie de l'Eucharistie.

La liturgie de la Parole nous invite à méditer sur l'Histoire du Salut, comment Dieu a été si proche de l'humanité depuis la création. Il est intéressant de noter que les grands événements qui ont marqué cette histoire se sont déroulés dans la nuit. Le premier acte de création a été la victoire de la lumière sur les ténèbres: «que la lumière soit » ; et la lumière fut (Gen. 1: 3). C'était dans la nuit que Dieu sauva les Israélites de l'esclavage égyptien, les libérant de la puissance de Pharaon. Cette nuit fut marquée par l’immolation de l’agneau pascal. Par ailleurs, c’était dans la nuit que Dieu conduisit les Israelites à pied sec à travers la mer rouge. C’était dans la nuit que notre Sauveur était né à Bethléem. Finalement, c'était dans la nuit que Jésus était ressuscité d’entre les morts, brisant les chaînes de la mort.

Dans cette dynamique, la Pâques est essentiellement un passage: passage des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de l'esclavage à la liberté. Par conséquent, une chose que le Samedi Saint nous enseigne est que peu importe la longueur ou la durée de la nuit, le jour viendra. Quelle que soit la durée de l'attente, la promesse de Dieu s’accomplira. Jésus a dû vivre la terrible expérience de la mort et d'être dans le tombeau pendant trois jours. Mais maintenant, il est ressuscité !

C’est donc une invitation à l’espérance. Notre Dieu est capable de nous relever de la situation désespérée dans laquelle nous nous trouvons. Il est capable de tracer un chemin là où il n'y a pas de chemin. Prions donc pour que la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ dissipe toutes les ténèbres de notre vie. Que la puissance de la Résurrection roule chaque pierre qui est un obstacle sur votre chemin afin que nous puissions tous rendre gloire et honneur au Christ Ressuscité. Amen


jeudi 9 avril 2020

Triduum Pascal, Vendredi Saint


Célébration de la Passion du Seigneur

Isaïe 52,13—53,12 
Ps 30 
Hébreux 4,14-15.5,7-9 
Jean 18,1—19,42

La célébration de ce deuxième jour du Triduum Pascal est marquée par quatre grandes parties, notamment, la liturgie de la Parole, la grande prière universelle, la vénération de la croix et le rite de la Communion. Le point focal de ce jour est la croix. Or au temps de Jésus, la croix était l’emblème de la malédiction et d’humiliation, de punition et de condamnation, de torture, de souffrance et de la mort. L’image d’une croix était quelque chose absurde et pleine de ressentiment. Elle suscitait la colère et l’amertume, la violence et la haine.

Mais Jésus a changé la perspective de la croix. Comme nous le révèle le récit de la Passion selon St Jean, le Fils de Dieu est crucifié et meurt pour la rédemption de l’homme. La croix est donc le signe sublime de l’amour de Dieu pour l’humanité. Avec Jésus, la croix devient le symbole d’amitié, de rédemption et de gloire. C’est sur la croix que le Fils de Dieu est glorifié et attire tous les hommes à lui. La croix est l’emblème de la victoire au lieu de la défaite, de la vie au lieu de la mort, du pardon au lieu de la condamnation.

Par sa douloureuse passion et sa mort, Jésus réalise la prophétie d’Isaïe concernant le Serviteur Souffrant. Méprisé et abandonné, broyé et crucifié, il porte sur lui nos souffrances et nos douleurs. Et par ses blessures, nous avons été guéris (Is. 52,13—53,12). En s’offrant comme victime pour la réparation de nos péchés, il est devenu le Grand Prêtre Eternel qui ne cesse d’intercéder pour nous. Parce que lui-même a passé par la souffrance, il est capable de compatir avec nous dans nos souffrances (Héb. 4,14-15.5,7-9).

En ce jour donc, nous sommes invités à contempler le mystère de la croix, à contempler Jésus crucifié par amour pour nous. Cette contemplation doit éveiller en nous un sentiment de gratitude envers le Seigneur, de regret pour nos péchés qui lui ont causé cette grande douleur, et reconnaître dans la croix la source de notre salut, consolation et notre espérance. Que le mystère de la croix resplendisse dans nos cœurs.  Amen


mercredi 8 avril 2020

Triduum Pascal, Jeudi Saint


Messe du Soir en Mémoire de la Cène du Seigneur

Exode 12,1-8.11-14 
Ps 115 
1Corinthiens 11,23-26 
Jean 13,1-15

La Messe de la Sainte Cène ouvre le Triduum Pascal, le temps privilégié où l’Eglise commémore l’œuvre de notre rédemption accomplie par Jésus Christ. Le point focal de notre célébration ce soir est le Cénacle. Trois évènements sont célébrés au cours de cette liturgie: 

 1- Le don du commandement nouveau de l’amour, exprimé dans le lavement des pieds comme geste concret du service;
2- L’institution de l’Eucharistie  comme signe de l’amour et de la présence du Christ;
3- L'institution du sacerdoce ministériel pour perpétuer cette présence parmi nous. 

La première lecture nous rapporte l’institution de la Pâque juive, comme souvenir du repas précédant l’exode, c’est-à-dire la libération des fils d’Israël de l’esclavage égyptien. St Paul dans la deuxième lecture nous parle de l’institution de l’Eucharistie. Instituée par le Christ lui-même au cours de son dernier repas avec ses disciples, l’Eucharistie reste le mémorial de la Passion et la mort du Christ. 

Dans l’Eucharistie, c’est Jésus lui-même qui se donne à nous : « Ceci est mon Corps, livré pour vous…» « Ceci est la coupe de mon Sang, le Sang d’Alliance Nouvelle … » En ces mots, Jésus disait à ses disciples qu’il inaugurait une nouvelle Pâques, non avec le sang de l’agneau mais avec son propre Sang. C’est donc ce don de soi qui nous introduit au cœur du mystère pascal, qui donne sens à sa Passion, sa mort et sa résurrection. Car Jésus célèbre sa Pâques en s’offrant lui-même comme l’agneau pascal pour la rédemption du monde. Et chaque fois que nous célébrons l'Eucharistie, c'est Jésus qui s'offre encore pour notre rédemption.

Aujourd’hui encore, Jésus nous invite à imiter son amour, peut-être non à mourir héroïquement pour les autres même si cette forme d’amour ne manque pas de nos jours. Mais en posant des gestes concrets d’amour, d’humilité et de don de soi ; car la vie pleine de sens est celle qui se donne, une vie vécue pour les autres. En ce jour, rendons grâce au Seigneur pour cette Alliance Nouvelle et Eternelle inaugurée dans le Sang de son Fils, source de notre salut. Invoquons sa miséricorde afin qu’il intervienne dans notre histoire et nous délivre du drame pandémique du COVID-19 que nous vivons en ces temps. Enfin, prions pour les prêtres afin qu’ils soient authentiques ministres du mystère qui leur a été confié et d’accomplir ce ministère avec amour, sincérité, fidélité et sainteté. Amen.

vendredi 3 avril 2020

Dimanche des Rameaux, Année A


Procession : Matthieu 21,1-11
Messe : Isaïe 50,4-7 ; Psaume 21(22) ; Philippiens 2,6-11 ; Matthieu 26,14—27,66

Aujourd’hui, nous voici au début de la Semaine Sainte, ou «la Grande Semaine». Durant cette semaine, nous sommes appelés à suivre et à revivre avec Jésus les derniers moments de sa vie terrestre. Néanmoins, c’est vraiment une condition triste que nous ne pouvons pas célébrer et vivre cette semaine comme nous en avons l’habitude, à cause de l'urgence sanitaire, résultat de la pandémie du Covid-19. Cependant nous devons accueillir avec gratitude le chemin qui nous est tracé par le Seigneur, car tout est grâce. C’est pourquoi j’invite vivement chacun de vous à rester en communion avec nous prêtres afin de vivre avec beaucoup de bénéfices les diverses célébrations qui marqueront la semaine.

Dans la liturgie d’aujourd’hui, nous commémorons l’entrée triomphale de Jésus-Christ à Jérusalem. Parmi les acclamations, jubilations et chants d’hosanna, Jésus entre dans la ville sainte où il devrait souffrir, mourir, être enterré et ressusciter d’entre les morts (Matt. 21,1-11). Alors que la procession célèbre, en ses multiples aspects, le triomphe et la victoire de Jésus, les lectures de la Messe évoquent les dures et pénibles conditions de cette victoire : les persécutions endurées comme le Serviteur Souffrant (Is. 50,4-7), son dépouillement, son humilité et son obéissance jusqu’à la mort sur la croix (Phil. 2,6-11), et sa douloureuse passion (Matthieu 26,14—27,66).

En écoutant ces lectures, nous ne pouvons pas ne pas nous poser certaines questions. Combien de fois n’avons-nous pas trahi ceux qui nous ont fait confiance? Combien de fois n’avons-nous pas soumis nos frères et sœurs à des traitements ignobles et injustes? Combien de fois n’avons-nous pas été complice des atrocités contres les autres et de la condamnation des innocents? Combien de fois n’avons-nous pas sacrifié les autres sur nos autels d’égoïsme et d’intérêts personnels ou par jalousie?

Dans tous les cas, que nous soyons acteurs ou victimes de ces actes ingrats et injustes, rappelons-nous toujours que Dieu sauvera le juste. Il viendra à son secours, le relèvera et l’exaltera. Par ailleurs, en cette Semaine Sainte, n'oublions pas que Jésus est allé librement à Jérusalem pour mourir pour notre rédemption. Ainsi, implorons sa miséricorde sur notre monde en péril. Demandons-lui aussi la grâce de vivre cette semaine avec foi et dévotion. Amen

samedi 28 mars 2020

5e Dimanche de Carême, Année A


Ézéchiel 37: 12-14
Psaume 129 (130)
Romains 8: 8-11
Jean 11: 1-45


La célébration de la Pâques s’annonce. En effet, la liturgie de la Parole d'aujourd'hui nous conduit de la promesse de libération et de restauration aux Israélites en exil dans la première lecture jusqu’au miracle de la résurrection de Lazare à travers lequel Jésus se révèle comme le Seigneur de la vie. De sa part, saint Paul souligne dans la deuxième lecture notre participation à la victoire du Christ sur la mort grâce au Saint-Esprit qui habite en nous.

Le contexte de la prophétie d'Ézéchiel est la vision des ossements desséchés, par laquelle le prophète décrit métaphoriquement l'expérience douloureuse de l'exil babylonien. Avec la chute de Jérusalem et la destruction de son Temple ainsi que la déportation en 586 avant JC, le peuple d'Israël pensait que Dieu les avait abandonnés. Leur espérance avait disparu. Ils étaient comme des squelettes sans vie dans les tombeaux. Et pourtant, Dieu leur promet la restauration. Il va mettre son Esprit en eux et ils vivront. Il ouvrira leurs tombeaux", les relèvera et les restaurera sur leur terre.

Dans l'évangile, Jésus redonne miraculeusement la vie à Lazare qui était mort et mis au tombeau depuis quatre jours. La déclaration centrale du récit est lorsque Jésus dit à Marthe: "Je suis la résurrection et la vie." Jésus a le pouvoir de donner la vie et de ressusciter les morts pour la gloire de Dieu. Mais pour voir la gloire de Dieu, il faut croire: "Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?" demande Jésus à Marthe.

Dans cette perspective, les lectures d’aujourd’hui nous invitent à faire confiance en Dieu, quoi qu’il en soit, car il est capable de nous faire revivre, d’ouvrir nos tombeaux et nous restaurer. La pandémie de COVID-19 a créé une grande peur, panique, agonie, détresse et souffrance dans le monde entier. Comme le peuple d'Israël en exil, certains d'entre nous pensent que Dieu nous a abandonnés. D'autres ont perdu espoir. D'autres encore, comme Martha et Mary, pleurent la perte de leurs proches: «Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort», semblent-ils dire avec désespoir. Et pourtant, le Seigneur nous dit: «N'ayez pas peur; Je suis avec vous!" Qu'il nous accorde une foi ferme et immuable afin que nous puissions rester fermes et tranquilles même dans des situations difficiles et d’espérer contre toute espérance. Amen

samedi 21 mars 2020

4e Dimanche de Carême, Année A


1 Samuel 16,1.6-7.10-13
Éphésiens 5,8-14
Jean 9,1-41

Le quatrième dimanche de Carême est appelé le «dimanche de Laetare» ou dimanche de la joie. En ce dimanche, la Liturgie nous invite à nous réjouir en anticipation de la joie pascale qui nous attend. Mais comment pouvons-nous nous réjouir lorsque le monde entier est dans l'agonie et en détresse à cause du COVID-19 ou du Coronavirus? Comment pouvons-nous nous réjouir lorsque des milliers de personnes meurent chaque jour à cause de ce virus? Comment se réjouir quand des millions de catholiques sont privés de l'Eucharistie qui est la source et le sommet de notre vie chrétienne? Comment pouvons-nous nous réjouir quand le Dieu que nous servons semble être loin et indifférent à nos souffrances et à nos cris?

En effet, nous pouvons trouver mille et une raisons de ne pas nous réjouir; et pourtant, la Parole de Dieu nous invite toujours à la joie parce que notre vraie joie ne réside pas dans ce qui se passe autour de nous mais dans notre relation avec Jésus-Christ, qui a été «envoyé» par le Père pour être la «Lumière du monde». L’aveugle-né dans l'Évangile d’aujourd’hui était dans l'obscurité totale. Il était un mendiant, abandonné et seul. Mais sa rencontre avec Jésus changea sa condition. Ainsi, les paroles de Paul dans la deuxième lecture sont très appropriées par rapport à cet homme: "Autrefois, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur."

Cet homme aveugle-né ne pouvait pas être reconnu par les siens et les pharisiens parce que Jésus venait de transformer sa vie. Il pouvait désormais voir la lumière du jour et la beauté de la nature. Il pouvait louer Dieu et témoigner de cette grâce qu'il avait reçue de Jésus le Messie. De même, David pouvait se réjouir parce que Dieu l'avait comblé au-delà de toute attente, au-delà de la compréhension humaine. Bien qu'un jeune garçon et considéré pour rien, il a été choisi et oint pour être le futur roi d'Israël. Car Dieu voit le cœur et non les apparences. Ses chemins ne sont pas nos voies, et ses pensées ne sont pas nos pensées (cf. Is 55, 8).

Dieu est capable de nous élever de notre néant et rendre manifestes ses œuvres en nous. Lorsque nous nous sentons désespérés et abandonnés, il révèle sa grandeur et sa proximité. Lorsque tout semble noir et qu’on a l’impression de marcher dans la nuit, c’est là que surgit la Lumière du Christ. Ainsi, en ces temps d’épreuve et de difficultés que le monde entier traverse, mettons notre confiance en Lui et ne cédons pas à la peur et à la panique. Soyons plus connectés à Jésus par la prière et la lecture méditative de sa Parole. Trouvons en lui la source de notre joie. Qu'il nous bénisse et nous protège. Amen

jeudi 19 mars 2020

Le Cri d'un Croyant en Face du COVID-19 et le "Silence" de Dieu


Par le Père Géorges KOUWONOU

« Ah ! Si je savais où le trouver, j’arriverais jusqu’à son trône. J’exposerai devant lui ma cause, j’aurais la bouche pleine d’arguments » (Job 23,3-4)

La souffrance fait mal ; mais ce qui fait souvent plus mal pour le croyant, c’est « le silence de Dieu » devant la souffrance de l’homme. Dans la souffrance, on s’indigne contre ce Dieu qui, selon la Bible, est « Amour » (1Jean 4,8) et que tout ce qu’il a fait est « très bon » (Gen. 1,31). Si Dieu est donc Amour et Bonté pourquoi reste-il indifférent aux souffrances des hommes ?

En effet, la question du mal a toujours existé. Mais le problème est devenu plus alarmant avec l’apparition du COVID-19 ou Coronavirus ces derniers mois. Depuis décembre dernier, le mot « Coronavirus » ou « COVID-19 » est devenu commun sur les lèvres de tous. Le COVID-19 n’est pas simplement une crise de santé publique et de sécurité internationale, mais aussi il touche tous les secteurs de la vie humaine. Il est devenu le sujet des discussions sur les entretiens médiatiques (journaux, TV, radio, etc.), des documentaires, et autres. Des informations et vidéos  YouTube et autres messageries circulent sur les réseaux sociaux sur son origine : naturelle ou artificielle, personne ne le sait avec certitudes. Des recherches scientifiques se poursuivent afin de trouver un « vaccin efficace » contre le Coronavirus. 

Considérant « ses niveaux alarmants de propagation », l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré le mercredi 11 mars 2020, que le virus est une « pandémie ». Hier soir (18 mars 2020), son site officiel a annoncé 207,860 cas d’infections confirmés et 8,657 morts dans 166 pays. L’Italie, le pays le plus touché en Europe, comptait pour elle seule 35,713 cas et 2,976 morts. Certains pays africains aussi sont touchés et le nombre des infectés ne cesse de s’augmenter. Dans plusieurs pays, des mesures drastiques et radicales ont été prises. Il y a un confinement général. Les rues sont vides. En Italie, le slogan est « Io-resto-a-casa » (« Moi je reste à la maison »). Les écoles et les universités sont fermées ; les rassemblements même religieux sont formellement interdits. Les championnats de football sont suspendus. Une « distance de sécurité » et de prévention « d’un mètre » est requise. Ainsi de suite…

Et pourtant, le virus ne cesse de réclamer plusieurs vies. Il continue de semer une panique générale, déstabilise l’économie mondiale. La sagesse humaine est devenue folle. On assiste à une pénurie dramatique des appareils d’assistance respiratoire. Il y a une carence de médicaments et de masques dans les hôpitaux et pharmacies. Les médecins et les infirmiers/infirmières sont épuisés ; certains ont même contracté le virus dans l’effort de soigner les malades. Des millions de Catholiques sont privés de l’Eucharistie, qui est la « Source et le Sommet » de la vie chrétienne.

Le COVID-19 est devenu l’objet de plusieurs discours des chefs d’Etat. Par exemple, dans un discours adressé à la Nation le lundi 16 mars, le Président Français Emmanuel Macron a déclaré : «Nous sommes en guerre. Pas contre une autre nation, mais contre un ennemi invisible et insaisissable.» La Chancelière Allemande Mme Merkel reconnait que depuis la fin de la deuxième guerre mondiale en 1945, le COVID-19 est « le plus grand défi » pour l’Allemagne. Et pour le président ghanéen, Nana Ado Dankwa Akufo-Addo, « These are not ordinary times » (« Ce ne sont pas des temps ordinaires »), déclarait-il le dimanche 15 mars dernier. Le dimanche après-midi, le Papa François a fait un « pèlerinage » dans les rues de la ville de Rome, confinée depuis plusieurs jours, pour implorer l’intercession de la Vierge Marie pour la fin de cette crise sans précédent. Aussi, le mercredi 18 mars, a-t-il invité le monde entier à prier le chapelet le jeudi 19 mars 2020 à 21h, en la solennité de St Joseph, Epoux de Marie.

Devant cette crise plus terrible qu’une guerre, les croyants s’interrogent : où est Dieu ? Pourquoi reste-il caché et silencieux ? Est-il en colère contre l’humanité ? Où est donc sa miséricorde ? N’est-il pas puissant pour mettre fin à la propagation de ce virus ? Comme le psalmiste, le croyant n’hésite pas à exprimer son indignation: « Dieu a-t-il oublié de faire grâce ? De colère, a-t-il fermé son cœur ? Je le dis, mon mal vient de là : la droite du Très-Haut a changé ! » (Ps 77,10-11). Et comme ce fut le temps de la captivité babylonienne, le croyant dit : « Le Seigneur m’a abandonné, mon Seigneur m’a oublié ! » (Isaïe 49,14).

Et pourtant le COVID-19 est un signale pour l’homme. Il rappelle à l’homme sa fragilité, son impuissance, sa finitude, sa vulnérabilité et ses limites. Il nous fait comprendre que nous ne sommes pas ce que nous pensons être. Car l’homme pense être le maître du monde et pourtant il ne l’est pas. Le COVID-19 est donc un appel à l’homme de se réveiller et se tourner vers son Créateur. Il nous invite à rechercher Dieu dans le plus secret de nos vies. Bien qu’il puisse nous conduire au désespoir et à la révolte contre Dieu, ce temps de détresse doit essentiellement « provoquer une recherche de Dieu et un retour vers Lui » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n. 1501). 

Par ailleurs, dans ces moments d’épreuves et de crise, une chose est certaine : Dieu ne cesse d’adresser sa Parole à l’homme. Il n’abandonne jamais les siens : « La femme oublie-t-elle son nourrissons, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas », dit le Seigneur Dieu (Isaïe 49,15). Son Nom est « Yahvé », « JE SUIS ». Il est « PRESENCE ». C’est à nous de le découvrir. Ses pensées ne sont pas nos pensées et ses chemins ne sont pas nos chemins (cf Isaïe 55,8).

Ainsi, j’invite chacun à ne pas perdre d’espoir. « Vous êtes maintenant dans l’affliction » (Jean 16,22). « En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde », nous rassure Jésus Christ (Jean 16,33). Oui, Jésus Christ est Vainqueur. Et avec lui, nous sommes aussi vainqueurs. « Redressez donc les mains défaillantes et les genoux chancelants » (Héb. 12,12). Tournons nos regards vers lui, car « Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage » (Ps 33,6). Ayons confiance.  Implorons sa miséricorde, car elle est infinie sa miséricorde et ses tendresses sont neuves chaque matin. Grande est sa fidélité ! (cf. Lamentations 3,22-23). Avec la prière, nous pourrons faire face à ce virus virulent et rendre grâce au Seigneur.


« Jésus Christ est le même, hier et aujourd’hui ; et il sera pour l’éternité » (Héb. 13,8). Que la puissance de sa mort rédemptrice nous garde et nous protège. Sérénité et paix à vous tous !!!