samedi 27 juin 2020

13e Dimanche du Temps Ordinaire, Année A

2 Rois 4,8-11.14-16

Ps 88

Romains 6,3-4.8-11

 Matthieu 10,37-42

 

Barbara De Angelis disait: «L'amour et la gentillesse ne sont jamais gaspillés. Ils font toujours une différence. Ils bénissent celui qui les reçoit; et ils bénissent celui qui les offre." Ainsi, l'enseignement de Jésus selon lequel quiconque accueille un prophète, un homme juste ou un disciple ne restera pas sans récompense est illustré par l'hospitalité offerte au prophète Élisée par la femme Sunamite et sa conséquente récompense. En effet, quiconque démontre un geste d'amour, de générosité envers autrui, le fait à Jésus lui-même (cf. Matthieu 25:40). Et Dieu n’est pas injuste à tel enseigne d’oublier un geste d’amour.

 

Il est donc important de reconsidérer la façon dont nous vivons notre vie de chrétiens. Car par le baptême, nous participons à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ. Comme nous le dit la deuxième lecture, nous vivons en Jésus-Christ non pour nous-mêmes mais pour Dieu et pour les autres. A cet effet, cette nouvelle vie a ses propres exigences, nous dit l’Evangile de ce jour. Elle exige le service aux autres, prendre sa croix et de tout abandonner, y compris ses relations familiales, pour le service du Christ et de l'Évangile. En d'autres termes, l'engagement envers le Christ prime sur tout le reste.

 

Aussi importante est la façon dont nous acceptons ou interagissons avec ceux qui nous prêchent la Parole de Dieu. Par exemple, notre relation avec nos prêtres. Les voyons-nous comme des hommes de Dieu? Les acceptons-nous comme nous accepterions Jésus lui-même puisqu'ils sont ses représentants parmi nous? Qu'en est-il de ceux qui nous font du bien ou sacrifient leur temps, leurs ressources et énergies de diverses manières pour nous guider dans la prière, ou nous instruire dans la foi? Sommes-nous reconnaissants envers nos catéchistes, ou les responsables des groupes et associations? Est-ce que nous nous efforçons pour leur faciliter la tâche comme la femme sunamite ou plutôt nous essayons de leur rendre la vie plus difficile?

 

En tant que prêtres et responsables, comment traitons-nous nos catéchistes, nos servants de messe, nos maîtres chorale et tous ceux et celles qui nous aident de diverses manières? Les prenons-nous souvent pour acquis, cherchant même des fois d’abuser de leur bienveillance ou cherchons-nous de promouvoir leur bien-être? Rappelons-nous que tout geste d’amour et de compassion fait avec un bon cœur ne passera pas inaperçue de Dieu. Que Dieu nous aide à être généreux envers  les autres comme lui-même est généreux envers nous. Amen

 


samedi 20 juin 2020

12e dimanche du Temps Ordinaire, Année A


Jérémie 20,10-13
Ps 68(69)
Romains 5,12-15
Matthieu 10,26-33

Les lectures d'aujourd'hui parlent de l’attitude qu'un missionnaire doit avoir face à la souffrance et à la persécution. Selon saint Paul en deuxième lecture, la grâce de Dieu en Jésus-Christ est débordante et l'emporte sur les transgressions humaines. Dans l'évangile, Jésus donne des instructions à ses disciples pour la mission qui leur est confiée. Il les invite à avoir l'audace de proclamer la vérité malgré tout, car la vérité elle-même est irrésistible. Il les encourage à surmonter leurs peurs et leurs anxiétés et à mettre leur confiance en Dieu qui veille sur les moineaux et protège les siens.

La première lecture est l’une des «confessions de Jérémie» qui expriment les combats intérieurs et l’ampleur des souffrances de Jérémie à cause de sa mission prophétique. La proclamation de Jérémie était amère et dérangeante pour ses contemporains. Car il ne cessait jamais de dire la vérité et de dénoncer leurs infidélités envers Dieu et les injustices sociales. Avec insistance, il les appelait à la conversion. Pour cette raison, le peuple et ses rois ne l’aimaient pas. Ils le persécutèrent et complotèrent pour le faire mourir. Malgré cela, Jérémie resta fidèle et résilient dans sa mission. Il avait mis confiance en Dieu qui ne saurait l’abandonner.

L'histoire du prophète Jérémie est toujours d'actualité. Dans nos églises, nos communautés, nos maisons et nos lieux de travail, les personnes qui défendent toujours la vérité et la justice sont souvent victimes de haine et de calomnie, de critiques injustifiées et d'accusations infondées, de persécutions et d'autres machinations perverses. Mais cela ne doit pas être un motif de peur ou de découragement. Si nous mettons notre confiance en Dieu et restons fidèles dans le bien, témoignant toujours de la vérité, une grande récompense nous attend au ciel. Ainsi, nous ne devons jamais compromettre les valeurs de l'Évangile afin de sauver notre image ou d'obtenir un gain personnel.

Par ailleurs, si nous abdiquons parce que nous voulons plaire aux hommes, nous perdons tout. Ou si nous-mêmes persécutons les autres et complotons contre eux à cause de leur authenticité et de leur droiture, alors nous devons savoir que la honte et la confusion inoubliables seront notre part. Car Dieu sauve toujours la vie des pauvres et des justes de la main des méchants!

Que Dieu nous protège et nous accorde la grâce de rester toujours fidèles. Amen

Bonne Fête des Pères à tous les pères !!!

samedi 13 juin 2020

Solennité du Saint Sacrement, Année A


Deutéronome 8,2-3.14-16

1 Corinthiens 10,16-17

Jean 6,51-52

 

Nous célébrons aujourd'hui la solennité du Saint Sacrement ou du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est le mystère de la présence réelle de Jésus-Christ dans les espèces du pain et du vin : Jésus Christ est réellement présent dans l’Eucharistie. Dans l'Évangile, Jésus déclare aux Juifs qu'il est le pain vivant descendu du ciel pour la vie du monde. Si nous ne mangeons pas sa chair et buvons son sang, nous n'avons pas la vie en nous, car sa chair est la vraie nourriture et son sang est la vraie boisson. Aussi, «quiconque mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui», nous dit-il. En d'autres termes, chaque fois que nous recevons la Sainte Communion, nous recevons Jésus lui-même et nous entrons dans une relation vivifiante d’intimité et de communion avec lui, une relation qui s'étend à tous ceux avec qui nous participons à l'Eucharistie.

 

Selon saint Paul dans la deuxième lecture, la coupe d’action de grâce que nous bénissons est la communion au Sang du Christ; le pain que nous rompons est la communion au Corps du Christ. Bien que nous soyons nombreux, nous formons un seul corps parce que nous avons tous part au même Pain, qui est le Corps du Christ. Ainsi, bien que chacun de nous participe à l'Eucharistie avec sa personnalité et son histoire, nous devenons un dans le Christ. Nous sommes unis à lui et unis les uns aux autres.

 

Voilà le mystère que nous célébrons à chaque messe. Chaque fois que nous nous réunissons pour célébrer l'Eucharistie, le lien qui nous unit au Seigneur et les uns aux autres se renforce. Comme le peuple d'Israël dans sa marche à travers le désert, notre vie avec toutes les épreuves, la pauvreté, la soif et la faim qu’elle comporte, devient une expérience partagée; et dans l'Eucharistie, le Seigneur vient nous nourrir et nous fortifier pour cette marche. A chaque messe, Jésus nous rejoint et se donne à nous. A chaque messe, Dieu renouvelle sa sollicitude pour nous.

 

La célébration d’aujourd’hui nous rappelle donc la communion, la fraternité, le lien d’intimité et la solidarité qui doivent caractériser nos communautés chrétiennes. Car parfois nous participons à l'Eucharistie et repartons à la maison avec un cœur plein de haine, de ressentiments, d'amertume, de rancune, de jalousie et de mauvaises pensées envers les autres. Comme saint Augustin nous exhorte, «devenez ce que vous célébrez»; et ce que nous célébrons, c'est le Corps et le Sang de Christ, Celui qui s'est donné pour nous. Ainsi, nous deviendrons des signes de la présence du Christ dans le monde. Qu'il nous bénisse et nous garde. Amen

Bonne fête à vous !!!


samedi 6 juin 2020

Solennité de la Sainte Trinité, Année A



















Exode 34,4-6.8-9

2 Co. 13,11-13

Jean 3,16-18

 

«Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.» Nous sommes sans doute familiers avec ces paroles de saint Paul, qui révèlent le mystère que nous célébrons aujourd'hui: la Sainte Trinité. En effet, nous professons notre foi en un seul Dieu qui existe en trois personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. Ainsi, sans prétendre de nous faire comprendre totalement ce mystère, les lectures d’aujourd’hui révèlent que la Sainte Trinité est un Dieu d’amour.

 

Dans la première lecture, Dieu se révèle à Moïse comme «le SEIGNEUR, le SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité». Cette révélation de Dieu peut paraître surprenante, étant donné qu'elle advient juste après l'histoire du veau d'or. En effet, quelques jours après l'alliance sur le mont Sinaï, le peuple d'Israël s'était détourné du Seigneur en faisant un veau d'or et en l'adorant. Et pourtant, au lieu d'abandonner ou détruire ce peuple à la nuque raide, Dieu lui pardonne et décide de continuer la marche avec lui, grâce à l'intercession de Moïse.

 

Cette révélation montre que Dieu est Amour. C’est un Dieu dont l’amour et la miséricorde se moquent du jugement. Et c’est ce que nous révèle l’Evangile : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé» (Jean 3,16-17). Ainsi, l’amour de Dieu, qui non seulement nous a donné son Fils Unique mais aussi a répandu dans nos cœurs son amour par  l’Esprit Saint qui nous a été donné, est plus grand que nos péchés et nos infidélités.

 

Par conséquent, en célébrant la Sainte Trinité, nous sommes invités à entrer dans l'histoire de cet amour miséricordieux et infini de Dieu, et à le radier autour de nous. C’est pourquoi saint Paul nous exhorte en ces termes: «Frères, soyez dans la joie. Cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous… » Que le Seigneur nous aide à transformer nos communautés paroissiales, nos familles et nos lieux de travail en communautés d'amour afin de faire l'expérience de sa présence infaillible dans nos vies. Amen


Bonne Fête !!!


samedi 30 mai 2020

Dimanche de Pentecôte, Année A



Actes 1,1-11
Ps 103
1 Co. 12,3-7,12-13
Jean 20,19-23

Nous célébrons aujourd'hui la Pentecôte, une solennité qui commémore le début de l’ère nouvelle dans l’histoire du salut. L'événement eût lieu le jour de la Pentecôte, une fête juive à laquelle fut attaché le souvenir de la Loi donnée au Sinaï, évènement fondateur du peuple d’Israël. La fête était célébrée cinquante jours après la Pâques juive qui commémorait la sortie des fils d’Israël de l’Egypte. Elle était connue aussi sous le nom de la Fête des semaines ou la fête des semences.

La péricope de l'évangile raconte l’apparition du Christ Ressuscité à ses disciples. C’était au soir du jour de sa résurrection. Ils s'étaient enfermés dans la chambre par peur des Juifs. Le Ressuscité se tint au milieu d'eux, leur donna la paix et dit: "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie." Jésus souffla sur eux et dit: «Recevez l’Esprit Saint …» Les disciples étaient remplis de joie non seulement parce qu'ils avaient vu le Seigneur ressuscité, mais aussi parce qu'ils avaient été renouvelés, recréés et fortifiés par le Saint-Esprit pour la mission qui leur est confiée.

Ainsi, l’effusion de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte était une sorte de confirmation pour eux.  Les symbolismes du vent et de la langue de feu étaient significatifs. Avec cette effusion de l’Esprit, le groupe des disciples de Jésus embrase désormais tout le monde sans distinction de langue ou de race comme le vent qui meut tout ce qui vient sur son passage. Il réchauffe les cœurs, purifie et transforme comme le feu. Ainsi, le Saint-Esprit libère les disciples de leur lâcheté et peur, leur permettant de proclamer courageusement les merveilles de Dieu aux peuples de toutes langues et nations (Actes 1: 1-11).

Par notre baptême, nous avons aussi reçu le même Saint-Esprit qui a donné à chacun de nous des grâces spéciales ou des charismes pour le service et l'édification de l'Église, Corps du Christ. Ainsi, ces charismes, talents et dons sont destinés à nous aider à travailler comme une mosaïque, une unité harmonieuse dans laquelle chacun contribue à l'édification de la communauté. Il faut donc nous garder de tomber dans le piège de l’orgueil, du complexe de supériorité, des divisions et des discriminations dont nous sommes souvent victimes. 
Que le Saint-Esprit descende sur nous, nous façonne, et nous recrée. Qu’il envahisse nos cœurs et fasse de nous de vrais témoins de l’Evangile. Amen

Bonne Fête à vous !!!



samedi 23 mai 2020

7e Dimanche de Pâques, Année A



Actes 1: 12-14
1 Pierre 4: 13-16
Jean 17: 1-11

Comme les disciples au Cénacle, toute l'Église attend dans la prière le renouvellement de l'expérience de la Pentecôte. Ainsi, le thème dominant des lectures d’aujourd’hui est la prière. Dans la première lecture, nous voyons les disciples réunis dans la prière. Ils priaient pour l'effusion du Saint-Esprit qui leur donnerait la force de témoigner du Christ malgré les persécutions qui les attendaient. La deuxième lecture invite tous les chrétiens à accepter la souffrance et la persécution comme une opportunité de s’unir plus intimement aux souffrances du Christ et de glorifier Dieu.

L’évangile est un extrait de la prière d’adieu de Jésus, prière communément appelée la prière sacerdotale de Jésus (Jean 17). Avant d'affronter «l'heure» de sa passion et de sa mort, Jésus a prié son Père non seulement pour lui-même mais aussi pour ses disciples. Il a prié pour leur protection et leur unité. Et il a prié pour nous aussi. Il l'a fait parce que même si nous sommes dans le monde, nous appartenons à Dieu qui nous invite à la vie éternelle. Et l'essence de la vie éternelle à laquelle nous sommes appelés est de connaître et d'accepter Dieu comme le seul vrai Dieu et Jésus-Christ celui qu'il a envoyé dans le monde pour notre rédemption.

Cette connaissance ne consiste pas simplement à lire ou à entendre parler de Dieu et de Jésus-Christ. Connaître Dieu, c'est avoir une expérience profonde et personnelle de Dieu dans notre vie et accepter son Fils Jésus-Christ comme notre Seigneur et Sauveur. C'est une vie de relation d’intimité avec Dieu, une vie d'abandon total dans la foi et dans l'espérance. Il est cependant indéniable que nous ne pouvons y parvenir sans une vie de prière. Dans la prière, nous entrons en contact avec Dieu. Nous dialoguons avec Lui. Nous nous connectons au réseau du Dieu trinitaire. Et cela est rendu possible grâce l’action du Saint-Esprit.

Par conséquent, en ce temps où nous attendons dans la prière notre renouvellement dans l'Esprit Saint, demandons au Seigneur d'augmenter en nous la conscience que nous lui appartenons. Puissions-nous toujours chercher sa présence, contempler son amour dans le Christ crucifié et Ressuscité ; et reconnaître ses bontés sur la terre des vivants. Amen


samedi 16 mai 2020

6e Dimanche de Pâques, Année A


Actes 8,5-8.14-17
Psaume 66
1 Pierre 3,15-18
Jean 14,15-21

Ce dimanche précède la Solennité de l'Ascension du Seigneur, qui sera célébrée le jeudi prochain (21 mai 2020), et nous introduira à la préparation immédiate pour la célébration de la Pentecôte. À ce titre, les lectures d’aujourd’hui font référence au Saint-Esprit afin de nous préparer progressivement à la célébration de l’effusion du Saint-Esprit.

Dans la première lecture, les apôtres Pierre et Jean allèrent en Samarie pour prier pour les nouveaux baptisés afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. A leur arrivée, ils prièrent, leur imposèrent les mains, et ceux-ci reçurent le Saint-Esprit. Dans la deuxième lecture, Pierre parle du mystère pascal du Christ en disant: "Le Christ a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l'Esprit." Dans la péricope de l'Evangile qui est la continuité de celle du dimanche dernier, Jésus annonce la venue d’un autre Défenseur, l'Esprit de vérité.

Dans cette perspective, nous pouvons tirer deux leçons des lectures d’aujourd’hui. Premièrement, le Seigneur nous promet qu’il ne nous laissera pas orphelins. Il nous enverra l'Esprit Défenseur, l’Esprit de vérité pour demeurer auprès de nous et être en nous. Le terme «Paraclet», utilisé par l’Evangéliste, fait référence à une personne qui est appelée auprès d’un accusé pour l’assister dans un procès; il est le conseiller, l’avocat, le défenseur de l’accusé. C'est une personne qui donne du courage pour faire face à de grandes difficultés, une personne qui réconforte dans des situations difficiles. Et voilà le rôle de l’Esprit Saint en nous. Par conséquent, nous ne sommes jamais seuls dans notre vie, même au milieu de grandes souffrances, d'épreuves et de divers types de persécution. Et cela doit être pour nous source de grande joie, d'assurance et d'espoir.

Deuxièmement, comme St Pierre nous encourage, nous sommes appelés à témoigner de cette espérance que nous avons: "Soyez toujours prêts à donner une explication à quiconque vous demande une raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Garder votre conscience droite… " Un chrétien est une personne d'espérance; il est appelé à encourager et à donner espoir aux autres. Que le Saint-Esprit, le Paraclet, vienne et demeure en nous. Amen.

Bon Dimanche à chacun de vous !!!