mardi 24 décembre 2019

Nativité du Seigneur : Messe du jour

Isaïe 52,7-10;
Hébreux 1,1-6;
Jean 1,1-18

Aujourd'hui, nous célébrons le mystère de l'Incarnation: Dieu est devenu homme; Jésus est né. C'est une vieille nouvelle mais toujours nouvelle. Le Verbe Eternel de Dieu s'est fait chair et il habite parmi nous. Dieu est devenu l'un de nous afin que, par la foi, nous devenions enfants de Dieu. De sa plénitude, nous avons reçu grâce sur grâce (Jean 1, 1-18).

Dans ce petit Enfant couché dans une crèche à Bethléem, nous contemplons Dieu : il est le Rayonnement de la gloire de Dieu. Le Dieu invisible est devenu visible. L'homme peut maintenant toucher Dieu, entendre Dieu pleurer. Dans ce petit Enfant, Dieu communique et révèle son amour et sa miséricorde à l'humanité (Hébreux 1, 1-6). Dieu s'identifie à chacun de nous. Il partage notre condition humaine, notre douleur et notre joie, nos misères et nos espoirs. Dans ce Nouveau-né, couché dans la mangeoire, Dieu vient vivre avec nous, nous consoler, être notre ami et faire le chemin de la vie avec nous. Dieu est venu pour consoler son peuple.

Et c'est la Bonne Nouvelle qui nous est annoncée aujourd'hui: «Qu'ils sont beaux sur la montagne, les pieds du messager, celui qui annonce la paix, qui apporte la bonne nouvelle, apporte le bonheur, annonce le salut…» (Is. 52: 7-10). Telle est la Bonne Nouvelle que nous devons apporter à notre monde de paix fragile et de promesses non tenues. Telle est la bonne nouvelle que nous devons apporter à nos frères et sœurs. Telle est la joyeuse nouvelle que nous devons partager dans nos foyers et partout où nous sommes.

En ce jour de Noël, renouvelons notre foi et notre adhésion à Jésus-Sauveur. Accueillons-le et laissons-le illuminer nos vies. Que la naissance de l’Emmanuel transforme nos vies et nous rende capables d’être de véritables témoins et porteurs de Bonne Nouvelle. Que l'Enfant Jésus, le Prince de la paix nous accorde la paix, la joie et la plénitude de la vie. Amen.

Joyeux Noël!!!

samedi 21 décembre 2019

4e Dimanche de l'Avent, Année A

Isaïe 7: 10-14
Romains 1: 1-7
Matthieu 1: 18-24

Dans quelques jours, nous célébrerons Noël, la commémoration de la naissance de Jésus-Christ. En effet, les lectures d'aujourd'hui présentent la naissance de Jésus comme l'accomplissement des promesses de Dieu. Dans l'Évangile, nous voyons comment le projet de Dieu, tel que prédit par le prophète Isaïe dans la première lecture, est accompli. C'est Dieu qui a pris l'initiative. Cette initiative est en effet exceptionnelle et incompréhensible pour nous, un projet d'amour infini: la Vierge Marie allait concevoir un fils, qui s'appellera Emmanuel, Dieu-est-avec-nous. Noël est en effet l'accomplissement des promesses de Dieu; c'est Dieu qui vient habiter parmi son peuple.

De plus, les lectures montrent clairement que le Fils de Marie n'est pas le fils de Joseph mais le Fils de Dieu. Néanmoins, le rôle de Joseph est très important dans l'accomplissement du plan de salut de Dieu. Par son obéissance inconditionnelle à la volonté de Dieu, il a coopéré dans la discrétion, le silence et la foi obéissante à la réalisation du projet salvifique de Dieu.

Par son «Oui», Joseph, un descendant de David, devient le père adoptif de Jésus le Messie. Dans la deuxième lecture, Paul affirme qu'il prêche l'Évangile concernant notre Seigneur Jésus-Christ, qui est descendu de David selon la chair et établi comme Fils de Dieu avec puissance selon le Saint-Esprit. En tant que tel, le plan salvifique de Dieu se réalise grâce au «oui» de Marie et de Joseph.

Comme Marie et Joseph, nous pouvons avoir nos propres projets et plans. Mais nous devons savoir que Dieu a un plus grand projet, un plus grand plan, pour nos vies. Ainsi, nous devons parfois abandonner nos propres plans même si cela semble injuste et déraisonnable. Que chacun de nous dise un «oui» libre, inconditionnel et courageux à Dieu, afin que nous nous préparions à accueillir notre Sauveur, l'Enfant Jésus. Qu’il vienne rester toujours avec nous jusqu'à la fin des temps (Matthieu 28:20). Amen



vendredi 13 décembre 2019

3e dimanche de l'Avent, année A


Isaïe 35: 1-6
Jacques 5: 7-10
Matthieu 11: 2-11

Le troisième dimanche de l’Avent est connu sous le nom de « dimanche de Gaudete» (dimanche de la joie). En effet, la liturgie de ce dimanche nous exhorte à anticiper la joie de Noël, mystère de Dieu qui se fait l’un de nous pour nous sauver. L'antienne d’ouverture nous dit: "Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Je vous le répète, réjouissez-vous!" Aussi, le prophète Isaïe nous invite-t-il à exulter et crier de joie, car Dieu lui-même vient nous sauver. Ce salut signifie guérison, libération, restauration, plénitude de la vie et sainteté (Is. 35: 1-6).

Cette joie à laquelle nous sommes invités est la joie de l’espérance qui caractérise notre attente de la venue du Seigneur. Cette joie est aussi le fuit de la patience. Car l’impatience conduit souvent à la frustration, à la colère, à l'anxiété, et au mécontentement. Mais comme le cultivateur qui attend patiemment la récolte des fruits de ses labeurs souvent pénibles, nous aussi, nous devons être patients: « Prenez patience, vous aussi, tenez fermes vos cœurs car la venue de Seigneur est proche », nous le dit la deuxième lecture (Jacques 5: 7-10).

Par ailleurs, la joie vient de la foi, une foi qui nous aide à reconnaître les signes de la présence de Dieu. Saint Jean-Baptiste était un grand prophète qui a reconnu Jésus comme le Messie tant attendu quand il baptisait les foules dans le Jourdain. Cependant, quand il fut emprisonné, il envoya ses disciples demander à Jésus: "Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous attendre un autre?" En réponse, Jésus affirme implicitement que les signes qu’il accomplissait étaient les preuves qu'il est le Messie, l’Envoyé de Dieu pour sauver son peuple, comme l’avait prophétisé Isaïe (Mt 11: 2-11).

En ce temps d’attente joyeuse pour la venue du Seigneur, puissions-nous être remplis de joie et d'espérance. Ne perdons jamais courage, car le Seigneur est notre salut. Qu'il ouvre nos yeux de foi pour le reconnaître, lui qui vient chaque jour à nous de diverses manières et surtout dans l'Eucharistie. Amen

vendredi 6 décembre 2019

2e Dimanche de l'Avent, Année A


Isaïe 11,1-10
Romains 15,4-9
Matthieu 3,1-12


L'Avent est une période d'attente et d'anticipation. C'est un temps d’espérance. Et les lectures d’aujourd’hui illustrent parfaitement cette espérance indestructible. Dans l'Évangile, Jean-Baptiste, le précurseur, prêche dans le désert en appelant le peuple d'Israël à la repentance, car «le royaume des cieux est tout proche», leur dit-il. Avec un ton sévère, il appelle les sadducéens et les pharisiens à faire preuve de repentance, de conversion et de renouveau parce que le jugement de Dieu est imminent. Le Roi-Messie et Juge-Libérateur longuement attendu est à la porte.

Au fait, la prédication et l’activité de Jean le Baptiste s’inscrivent dans la perspective des promesses de Dieu à son peuple, comme nous l’avons dans la première lecture. En effet, le prophète Isaïe annonce la venue de l’Oint de Dieu, c’est-à-dire le Messie. Rempli du Saint-Esprit, ce Roi-Messie et descendant du roi David, vient rétablir la paix, le bonheur, l'harmonie et le glorieux règne de la vérité et de la justice de Dieu sur la terre. Cette belle prophétie d'Isaïe peut être difficile à accepter dans notre monde marqué par la violence, les conflits, la discrimination, les injustices, la corruption, les manifestations d’ordre politique, les guerres, etc. Car aujourd’hui nous aspirons plus que jamais à la liberté, à la paix et à l’harmonie entre les Etats. Devant une telle réalité, cette prophétie d’Isaïe semble utopique et irréaliste, un rêve.

Ainsi, cette prophétie me fait penser au célèbre discours de Martin Luther King, prononcé à Washington D.C. le 28 août 1963: «J'ai fait un rêve». En fait, la prophétie d’Isaïe annonce l’accomplissement du projet merveilleux de Dieu pour nous. Il annonce la pleine réalisation du Royaume des Cieux que Jésus-Christ vient restaurer à la fin des temps. Et cela ne peut que susciter en nous de l’espoir. Dans cette perspective, St Paul nous rappelle que les Saintes Écritures visent à nous instruire afin que nous ayons l’espérance, car elles nous révèlent le dessein salvifique de Dieu. Il nous exhorte à vivre dans l’harmonie, la tolérance et la patience, malgré nos différences, en attendant avec courage et persévérance la réalisation du projet de Dieu.

En ce temps de l’Avent, puissent les paroles de Jean-Baptiste résonnent une fois encore dans nos oreilles: "Préparez la voie du Seigneur", car il vient et il ne tardera pas. Il vient pour nous sauver. Et comme disait Martin Luther King: «Ne nous complaisons pas dans la vallée du désespoir» malgré tout ce qui arrive autour de nous. Amen

vendredi 29 novembre 2019

1er Dimanche de l'Avent, Année A

Isaïe 2: 1-5
Ps 122
Romains 13: 11-14
Matthieu 24: 37-44

En ce premier dimanche de l'Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. Dans le langage courant, "avent" signifie la venue ou l'arrivée d'un événement important, d'une personne ou d'une invention. Dans le langage liturgique, on entend par «Avent» le temps préparatoire à la commémoration de la naissance de Jésus-Christ, célébrée le jour de Noël (25 décembre). Mais c’est aussi une période de joyeuse attente de la seconde venue de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc une saison de promesses, d'attente et de vigilance.

Dans la vision du prophète Isaïe, les jours arrivent où toutes les nations afflueront vers la montagne de la Maison du Seigneur. Cette vision invite tous les peuples à rechercher la présence de Dieu et à marcher sur ses voies. Car le Seigneur vient pour juger entre les nations; il vient pour établir la paix et l’harmonie parmi tous les peuples.

Dans l'Évangile, Jésus invite ses disciples à veiller et à se tenir prêts pour la venue du Fils de l'Homme. Car le Fils de l'Homme, dit-il, viendra en une heure à laquelle ils ne s'attendent pas. Selon lui, les contemporains de Noé étaient tellement submergés dans la poursuite des choses ordinaires qu’ils avaient oublié l'imminence du Déluge. Ils ne soupçonnaient absolument rien et furent soudainement détruits.

À l'approche de Noël, nous pouvons aussi nous préoccuper de savoir quoi porter, quoi manger, ou comment mieux profiter des congés de Noël tout en oubliant l'essentiel: se préparer pour la venue du Seigneur. C’est pourquoi saint Paul nous exhorte dans la deuxième lecture à sortir de notre sommeil, à rejeter les œuvres des ténèbres et à nous revêtir de l'armure de la lumière. Il nous invite à mener une vie honnête et honorable, évitant les comportements qui peuvent endormir notre conscience, notamment les orgies et l'ivresse, la débauche et la luxure, la rivalité et la jalousie.

Au début de ce temps de grâce et de préparation joyeuse, puissions-nous rechercher la présence du Seigneur à travers la prière et les bonnes œuvres afin qu'il puisse nous trouver prêts quand il viendra. Amen
Je vous souhaite une bonne année et une saison de l'Avent fructueuse !!!

samedi 23 novembre 2019

Solennité du Christ, Roi de l'Univers, Année C


2 Samuel 5,1-3
Colossiens 1,12-20
Luc 23,35-43

Nous célébrons aujourd'hui la solennité du Christ, Roi de l'univers, une solennité qui clôture l'année liturgique. Mais quel genre de roi est Jésus-Christ? Et quelle est l'extension de son royaume? En effet, les lectures nous présentent deux images contrastées de la royauté de Jésus-Christ. La deuxième lecture est un hymne qui célèbre la prééminence du Christ Jésus et de sa Seigneurie sur toute la création. D'autre part, l'Évangile nous présente Jésus rejeté, ridiculisé et crucifié.

Le point d'intercession est que nous ne pouvons pas célébrer la royauté de Jésus de Nazareth sans nous référer au "scandale" de la croix. Symbole de torture et de condamnation, la croix est devenue l'emblème de gloire, de la victoire et du salut. Le pouvoir du Christ réside précisément dans sa capacité à donner sa propre vie pour les autres. Par le sang de sa croix, il nous a offert la paix, la rédemption, le pardon de nos péchés et la réconciliation avec Dieu. En d'autres termes, au moment de sa crucifixion, Jésus s’est établi le Roi et le Sauveur de tous. Il n'est donc pas seulement «le Roi des juifs», mais le Roi de l'univers entier. Son royaume est éternel et universel.

Il est évident que Jésus est Roi, mais pas le genre de roi que ses contemporains et nous aujourd’hui aurions pu imaginer ou espérer. Humainement, nous associons les rois à la force et au prestige, à la noblesse et à la richesse. Les rois du monde sont entourés des personnes qu'ils commandent et tous sont leurs sujets. Souvent, les intérêts personnels et les ambitions égoïstes motivent leur règne et leurs décisions. Mais Jésus n'est pas un tel roi. Il est le Roi qui donne sa vie pour tous.

Dans la première lecture, toutes les tribus d’Israël ont reconnu leur besoin d’un roi, d’un roi capable de les protéger et de les conduire en guerre contre leurs ennemis. Ainsi, les anciens donnèrent l’onction à David comme roi à Hébron. Puissions-nous aussi reconnaître notre besoin de Jésus comme Roi et Seigneur de nos vies. Que nos dirigeants politiques reconnaissent la royauté de Jésus et le prennent pour modèle afin que notre monde soit un royaume de vérité et de vie, un royaume de sainteté et de grâce, un royaume de justice, d'amour et de paix. Amen

Bonne Fête !!!

vendredi 15 novembre 2019

33e Dimanche du Temps Ordinaire, Année C


Malachie 3: 19-20
Ps 97: 5-9
2 Thessaloniciens 3: 7-12
Luc 21: 5-19

En ce dernier dimanche précédant la solennité du Christ Roi, qui marque la fin de l'année liturgique, les lectures nous parlent de la fin des temps. Dans la première lecture, le prophète Malachie annonce «le jour du Seigneur». Ce sera un jour terrifiant pour les orgueilleux, les méchants et les impies, car ils seront détruits. Mais pour les justes et ceux qui craignent Dieu, ce sera un jour de délivrance et de salut.

Dans l'Évangile, certaines personnes s’émerveillaient de la magnificence du temple de Jérusalem. Mais pour Jésus « des jours viendront, où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit ». Il annonce également les événements précurseurs de la fin des temps: tribulations, les faux prophètes, catastrophes naturelles, guerres, persécutions des croyants.

En fait, à chaque époque, les gens ont espéré que la fin du monde se produirait de leur vivant, comme c’était le cas des Thessaloniciens. Certains parmi eux, persuadés de l’imminence du retour du Christ, se conduisaient comme si le Jour du Seigneur était déjà arrivé et abolissaient les responsabilités quotidiennes surtout le travail. Mais pour l’apôtre, nous ne devons pas être trop excités et nous laisser décevoir par les faux prophètes. L'inévitabilité de la fin des temps et le retour «imminent» du Seigneur ne doivent pas nous rendre oisifs, « affairés sans rien faire ». Nous devons travailler avec diligence en attendant le retour du Seigneur. Notre espérance du retour glorieux du Christ doit être accompagnée par notre vigilance quotidienne.

Ainsi donc, nous ne devrions pas nous inquiéter de ce qui se passera dans le futur. Que chaque jour soit plutôt l’occasion pour nous de témoigner du Christ. Continuons à faire ce qui est bon. Nous ne devrions pas avoir peur et baisser les bras face aux difficultés et aux épreuves. Dans l’Évangile, Jésus nous a rassuré la protection de Dieu et la victoire. Il ne nous laissera pas confondus. N'oublions pas que c’est par notre persévérance face à la persécution que nous garderons notre vie.

Par ailleurs, en célébrant la Journée Mondiale des Pauvres, comme établie par le pape François depuis 2017, faisons preuve d’amour envers les pauvres et prions pour que leur persévérance et leur espérance dans le Seigneur ne soit pas en vain. Amen