samedi 16 octobre 2021

29e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B

Lectures:

Isaïe 53,10-11 

Psaume 32 

Hébreux 4,14-16 

Marc 10, 35-45

 

Méditation:

Nous ne servons pas un Dieu qui est insensible et cruel ou qui prend plaisir à la souffrance de l’homme. Nous servons un Dieu vivant, aimable, compatissant et fidèle. Il se fait proche de l’homme et s’identifie même avec l’homme pour libérer l’homme. 

 

Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous parle du serviteur « broyé par la souffrance » qui a fait de sa vie un sacrifice d’expiation en prenant sur lui les péchés de la multitude (Is. 53,10-11). La fin de l’Evangile d’aujourd’hui nous permet d’identifier Jésus avec ce Serviteur Souffrant : « le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Par sa Passion et sa mort, Jésus a offert sa vie pour notre rédemption, notre libération. Il s’est offert pour le pardon de nos péchés et nous a réconciliés avec Dieu le Père (Mc 10,35-45). 

 

C’est pourquoi répondant à la demande de Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui cherchaient à sécuriser des sièges auprès de lui dans sa gloire, Jésus leur donne les images de la coupe d’angoisse et de souffrance qu’il allait boire, et du baptême de la mort qu’il allait subir dans les mains des hommes. Et c’est par ce chemin d’humilité et d’humiliation, du service et du don de soi que Jésus nous a justifiés.

 

Ainsi donc, l’auteur de la Lettre aux Hébreux présente Jésus Christ comme le Grand Prêtre par excellence dont nous avons besoin. Ayant partagé notre condition humaine en toute choses excepté lé péché, il est capable de sympathiser avec nous dans nos épreuves, nos tentations et faiblesses. Pleins d’assurance et de confiance, nous pouvons donc nous approcher du Trône de Dieu pour recevoir secours, grâce et miséricorde en temps voulu. 

 

Voici donc une parole d’encouragement et d’espérance pour nous. N’ayons pas peur de nous approcher du Seigneur et demander sa grâce. Demandons-lui aussi de nous apprendre à servir les autres afin de les soulager dans leurs souffrances et douleurs. Amen 

 

samedi 9 octobre 2021

28ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B

Lectures:

Sagesse 7,7-11

Ps 89,12-17

Hébreux 4,12-13

Marc 10,17-30


Méditation:


La Parole de Dieu est vivante et plus tranchante qu’aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre notre être intérieur et révèle nos pensées secrètes (cf. Héb 4, 12-13). Elle nous interpelle toujours. Aujourd'hui, elle nous invite à porter un regard nouveau sur notre attitude envers les richesses et les biens matériels. En effet, les biens matériels sont bons et indispensables pour notre bien-être ; mais le danger est qu’ils peuvent facilement nous posséder au lieu que nous les possédions, devenant ainsi esclaves de nos propres richesses.

 

Dans l'évangile d'aujourd'hui, un homme riche s'approcha de Jésus et, s'agenouillant devant lui, lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en héritage ?” Cette question révèle la bonne volonté de cet homme et sa quête profonde du salut. C'était un homme sincère qui avait observé les commandements de Dieu dès son jeune âge. Mais une chose lui manquait : se détacher de sa richesse. Comme il était trop attaché à sa richesse, il s'en alla très triste, quand Jésus lui dit d'aller vendre tous ses biens, de les donner aux pauvres, puis de venir le suivre. Ses richesses, ou mieux encore, son attitude envers ses richesses, étaient devenues un obstacle pour lui à la suite du Seigneur et d'hériter la vie qu'il recherchait.

 

En vérité, demander à un riche de laisser toutes ses richesses pour suivre un prédicateur itinérant n'était pas une décision légère à prendre au bord de la route. Mais la demande de Jésus et son interaction avec ses disciples nous montrent que le chemin vers la vie éternelle ne consiste pas simplement à observer la loi. Elle exige le détachement des possessions terrestres et une adhésion inconditionnelle aux exigences de l’Évangile. 

 

Les disciples avaient tout quitté pour suivre Jésus ; ainsi, leur récompense serait grande. De même, l'auteur du livre de la Sagesse tenait tout, y compris le pouvoir, les richesses, le statut social, les privilèges et la beauté, comme rien devant la sagesse de Dieu (Sagesse 7,7-11). Saint Paul aussi considérait tout ce qu'il avait gagné dans la vie comme une ordure en raison du bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur (cf. Ph 3, 8). Nous aussi, demandons au Seigneur la grâce de pouvoir nous détacher des biens matériels pour le suivre dans la liberté, et recevoir la vie éternelle en héritage. Amen.

samedi 2 octobre 2021

27e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B

Les Lectures:

Genèse 2,18-24 

Psaume 127 

Hébreux 2,9-11 

Marc 10,2-16 

 

Méditation:

De nos jours, les unions homosexuelles, la promiscuité et le mariage à essai sont défendus, légalisés et célébrés. Lorsque les choses tournent mal dans le mariage, de nombreux conjoints pensent au divorce. Mais les lectures d'aujourd'hui nous disent quelque chose de différent.

 

La première lecture nous rappelle que le mariage a été voulu par Dieu lui-même. Dieu créa l'homme et la femme pour qu'ils deviennent un pour la vie. Ils ont été créés égaux pour se connaître et s'accepter dans leurs différences. Quand l'homme vit la femme, il était très heureux parce qu'il avait trouvé une aide, une compagne (Genèse 2,18-24). Le mariage est donc une communion totale de vie, ordonnée à l’épanouissement et au bien des conjoints, sans oublier le bien et l’éducation des enfants.

 

En devenant « un seul corps » dans le mariage, les époux sont unis pour la vie. Dissoudre le lien conjugal, c'est aller contre la volonté de Dieu : « Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas », dit Jésus aux pharisiens qui lui demandèrent s'il était permis de répudier sa femme (Mc 10,2- 16). En renvoyant ses interlocuteurs au commencement de la création, Jésus voulait leur faire comprendre que l'unité et l'indissolubilité qui caractérisent le mariage ont été voulues par Dieu; le mariage est donc un engagement à vie. Ainsi, le lien conjugal ne peut être rompu sans briser le cœur d'une personne humaine.

 

Que pouvons-nous donc faire pour garder notre mariage à vie ? Premièrement, apprenons à aimer comme des enfants : leur simplicité, humilité et confiance inconditionnelle. Ils peuvent se quereller et se battre, mais peu de temps après, ils se retrouvent pour jouer ensemble ; ils ont la mémoire courte des douleurs, des blessures et des humiliations causées par leurs camarades. Donc, quand il y a des malentendus, des blessures et des problèmes dans votre mariage, n'abandonnez pas. Choisissez la voie du dialogue, du pardon et de la réconciliation. Soyez humble et dites « Je suis désolé » pour reconnaitre votre faute ; dites « Merci » pour montrer l’appréciation.

 

Enfin, donnez au Christ une place dans votre mariage. La deuxième lecture nous dit que c’était pour nous sanctifier que Jésus-Christ s’est abaissé un peu au-dessous des anges pour devenir notre frère (Héb. 2,9-11). Si Jésus est notre frère, alors c'est en famille que nous pouvons le rencontrer plus intimement. Sa présence devient une source de bénédiction, de sanctification, de paix et de consolation pour la famille ; car une famille sans le Christ est une famille de crise. Qu'il bénisse nos foyers et nous accorde la joie, l’unité et la fécondité. Amen.

samedi 25 septembre 2021

26e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B

Lectures

Nombres 11,25-29 

Ps 18 

Jacques 5,1-6 

Marc 9,38-43.47-48

 

Méditation:

Aucune religion ou église ne peut monopoliser l’action de Dieu, ou mettre Dieu dans une cage ou limiter l’action de son Esprit dans le monde. L’Esprit de Dieu souffle là où il veut (Jn 3,8). Il agit en qui il veut, où il veut et quand il veut. Il se révèle donc au-delà des contingences humaines.

 

En effet, dans la première lecture, Moise et les anciens se rassemblent devant Dieu dans la Tente où l’Esprit du Seigneur se repose sur eux et ils prophétisent. Deux de ces anciens, Eldad et Médad au contraire sont restés dans le camp. Mais l’Esprit vient sur eux aussi et y prophétisent. Le jeune Josué veut les interdire et informe Moise. Mais pour ce dernier, c’est une bonne nouvelle (Nb 11,25-29). 

 

Une situation similaire se produit dans l’Evangile. La réaction de Jean et des autres disciples envers l’homme qui expulsait les démons au nom de Jésus est la même que celle de Josué dans la première lecture : celle de l’exclusion. C’est à eux seuls que Jésus a donné le pouvoir de chasser les démons. Cet homme ne fait pas partie du groupe des Douze. Il n’a donc pas droit d’utiliser le nom de Jésus. Mais pour Jésus, celui qui fait des merveilles en son nom ne peut pas parler mal de lui. Ce qui importe, c’est la sincérité, la charité, et la passion pour le Royaume des Cieux. Ainsi donc, il faut faire attention afin de ne pas être obstacle aux autres ni devenir une occasion de chute pour eux (Mc 9,38-43.47-48). 

 

Dans la deuxième lecture, St Jacques nous met en garde contre le mauvais usage des richesses. Si nous opprimons et trichons les autres à cause de nos richesses, notre attitude témoignera contre nous devant Dieu qui entend le cri de l’opprimé et du malheureux. Nous devons donc utiliser notre richesse pour servir les autres et contribuer au bonheur des plus pauvres (Jc 5,1-6).

 

Ces lectures nous sont donc adressées, nous qui avons l’habitude de juger, de critiquer, de sous-estimer, et d’exclure les autres parce qu’ils n’appartiennent pas à notre église, ou groupe de prière, ou association, ou ethnie, ou parti politique, ou race, etc. La tentation de penser que nous sommes les meilleurs et que nous possédons la vérité guète tout le monde. Ainsi donc, dans un esprit d’humilité, ouvrons-nous vers les autres. 

samedi 18 septembre 2021

25e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B

Lectures

Sagesse 2,12.17-20 

Psaume 53 

Jacques 3,16 — 4,3 

Marc 9,30-37

 

Méditation

Pourquoi tant de compétitions, de rivalités, de divisions et de guerres dans nos familles, églises, communautés et pays ? C’est parce que tout le monde veut devenir chef à la manière du monde, des chefs et les responsables qui ne cherchent guère le bien commun mais leurs propres intérêts. 

 

C’est dans cette perspective que St Jacques nous dit dans la deuxième lecture que la source du désordre, des rivalités et de nos actions malfaisantes est la jalousie et nos convoitises démesurées (Jc 3,16 -- 4,3).  Quant à l’auteur du Livre de la Sagesse, les impies avec leurs mauvaises intentions soumettent le juste à l’épreuve, le condamne à une mort infâme. Car sa vie révèle leurs entreprises perfides, leurs incohérences et infidélités (Sg 2,12.17-20). 

 

Dans l’Evangile, Jésus invite ses disciples à vivre dans une logique contraire à celle du monde. La logique de la grandeur dans le monde, c’est que les grands sont servis. Ils sont les « boss ». Ils commandent, dominent les autres. Ils cherchent leurs propres intérêts. Or pour Jésus, être grand, c’est être le serviteur de tous. C’est devenir le plus petit et le dernier de tous : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous, » leur dit-il. 

 

Autrement dit, être grand, c’est accueillir les enfants en son nom. Or accueillir, c’est offrir une place à quelqu’un dans notre vie, ouvrir notre cœur à l’autre. En ce qui concerne « l’enfant », il ne s’agit pas tellement ici de son innocence, mais de sa vulnérabilité. L’enfant représente donc tous ceux qui n’ont pas de puissance, de voix, d’influence et de privilège social ; ceux que l’on néglige, abuse, contrôle facilement ; ceux que l’on souvent met de côté dans la prise de décisions. 

 

Etre grand donc, c’est accueillir et servir les autres, surtout les plus vulnérables, ceux que l’on met en marge de la société, ceux que l’on exclut et rejette. Et voilà ce qu’avaient fait St François d’Assise, Mère Teresa et tant d’autres. Comme eux, puissions-nous laisser tomber nos ambitions égoïstes et rechercher le bien-être des autres en toute humilité et franchise. Daigne le Seigneur nous aider à devenir des serviteurs de tous. Amen. 

 

 

 

samedi 11 septembre 2021

24ème DIMANCHE EN TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B

Lectures

Isaïe 50,5-9

Psaume 114

Jacques 2,14-18

Marc 8,27-35

 

Méditation: 

 

La première lecture est l'un des quatre chants du prophète Isaïe qui décrivent l’étonnante figure du Serviteur Souffrant. Ce qui caractérise ce Serviteur dans le passage d'aujourd'hui, c'est sa confiance en Dieu, même au milieu de la souffrance, de l'opposition et du rejet (Is. 50,5-9). Selon saint Jacques dans la deuxième lecture, il faut mettre la foi en pratique, car unefoi sans œuvres est morte (Jacques 2:14-18).

 

 

Au cœur de l'Évangile d'aujourd'hui (Mc 8, 27-35) se trouve la question qui traverse tout le récit évangélique de Marc : qui est Jésus ? Mais cette fois, c'est Jésus lui-même qui la pose à ses disciples, afin de les aider à découvrir progressivement sa véritable identité. En effet, après avoir reçu l'opinion de la foule, Jésus demande à ses disciples : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui je suis ?” Alors, Simon Pierre répond : « Tu es le Christ » (c'est-à-dire le Messie, l'Oint de Dieu).

 

 

Il est à noter que lorsque Pierre a déclaré que Jésus était le Christ, il pensait probablement à un leader politique qui libérerait les Juifs de la domination romaine, tout comme beaucoup de ses contemporains. Il pensait à un Messie-Roi glorieux et guerrier comme David, pas à un Serviteur Souffrant. Par conséquent, il commença à réprimander Jésus quand celui-ci prédit son humiliation, son rejet, sa souffrance et sa mort. Or la logique du Royaume de Dieu n’est pas celle des hommes

 

 

La réaction de Pierre est donc toujours d’actualité. Il peut nous arriver d'affirmer avec enthousiasme que Jésus est le Christ, mais au même moment, protester et nous rebeller parce que cela contraste avec nos attentes. Nous voudrionssuivre Jésus mais ne voudrions pas embrasser le chemin de Jésus, qui est le chemin de la croix, de l'abnégation et du sacrifice. Nous pouvons être séduits par l'évangile de prospérité qui promet une vie pleine de miracles, et vouloir nous épargner la souffrance et les difficultés. 

 

 

Cependant, nous devons savoir qu'une vie sans souffrance est une illusion ; et être chrétien sans accepter la croix, c'est suivre une caricature de Jésus-Christ : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Que le Seigneur nous aide à porter patiemment nos croix quotidiennes et à le suivre avec une foi inébranlable et courage même au milieu des épreuves et des difficultés de la vie. Amen.

samedi 4 septembre 2021

23e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE B


Isaïe 35,4-7

Psaume 146,7.8-10

Jacques 2,1-5

Marc 7,31-37

 

Les lectures d'aujourd'hui présentent Jésus-Christ comme celui qui est venu libérer l'homme et le rendre capable de vivre pleinement sa relation avec Dieu et avec les autres. Dans l'évangile, un homme sourd-muet est amené à Jésus dans une ville de la Décapole, un territoire païen. Jésus prit l’homme à l’écart, toucha ses oreilles et sa langue, puis, levant les yeux au ciel, il dit : « Effatà », ce qui signifie « ouvre-toi ». L’homme commença immédiatement à entendre et à parler correctement. Cela gagna une grande réputation pour Jésus parmi les gens de la région : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets » (Marc 7,31-37). 

 

La guérison de cet homme fait écho aux paroles prophétiques d'Isaïe dans la première lecture : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie… » (Isaïe 35,4-7). Ainsi, l'avenir messianique promis par le prophète se réalise en Jésus Christ.

 

Bien que nous ne soyons pas physiquement sourds ou muets, il faut nous poser la question de savoir si nous n’affichons pas des comportements de surdité et du mutisme dans de nombreuses situations concrètes de la vie. Par exemple, chaque fois que nous fermons nos oreilles et notre cœur à la Parole de Dieu, nous devenons spirituellement sourds. Chaque fois que nous sommes indifférents aux cris des pauvres et des souffrants autour de nous, nous devenons sourds. 

 

Chaque fois que nous manquons de proclamer notre foi, ou de prononcer un mot de réconfort à quelqu'un en difficulté, nous devenons muets. Nous devenons muets aussi quand nous refusons de dire la vérité qui libère, ou dénoncer les injustices, la corruption, les inégalités, le favoritisme et les discriminations dans la société et dans nos églises, comme le fait saint Jacques dans la deuxième lecture (Jacques 2,1-5).

 

Ainsi, nous avons besoin de l’Effatà, tel qu'il est illustré dans le Rite du Baptême, lorsque le prêtre prononce la même parole, en priant pour que le baptisé puisse entendre la Parole de Dieu et professer sa foi en paroles et en actes. « Effatà », cette parole qui transforme et qui guérit, doit résonner en nous et susciter notre conversion. Daigne le Seigneur ouvrir nos cœurs pour accueillir sa Parole et devenir témoins de ses merveilles dans le monde. Amen.